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10 February 2007 @ 02:32 pm
Prison Break - Vous revoir (2/4)  
Titre : Vous revoir (2/4)
Auteur : clair_de_lune
Spoilers : --- Post-série
Public : Tout public
Disclaimer : Pas à moi. Je les emprunte pour quelques lignes et les rends juste après.
Notes : Cette fanfiction est supposée faire partie d'un "ensemble" de fics et se dérouler après Luxe(s), Un truc que je ne vous ai pas dit et Télécommandé.

Parties précédentes / Parties suivantes


Le garde reste à la porte de la cuisine en affichant un air un peu chagriné, mais il sait que ce n’est pas négociable : Sara a défini certaines règles, et l’une d’elle est qu’il n’y aura pas de garde du corps dans sa cuisine. Elle ne parvient pas toujours à les tenir éloignés de son bureau, son salon et même sa chambre, la cuisine est son ultime refuge. La pièce est calme et déserte, les traiteurs s’étant installés dans l’office, et Lincoln se plante derrière la fenêtre. Sara ne dit rien, même si elle sait ce qu’il cherche.

« Comment va Elizabeth ? lui demande-t-il.

- Au bord de la crise de nerfs. Au moment de fermer sa robe, un bouton est tombé et... » Elle a un geste de la main, apparemment dépassée par le comportement de la jeune femme. « Sa soeur l’aide à arranger tout ça. Je suis partie, je ne leur servais à rien.

- Toutes les femmes sont nerveuses le jour de leur mariage, Sara. »

Ceci dit sur ce ton vaguement paternaliste qui fait qu’elle se demande parfois comment elle peut supporter sa présence depuis tant d’années. Non seulement la supporter mais aussi l’apprécier. Au point de la rechercher.

« Mmh, tu dois savoir ça. C’est Mme Ex Numéro Deux qui a déchiré sa robe en descendant les escaliers ? Ou Numéro Trois ? Je confonds toujours.

- Oh, très classe. »

Elle hausse les épaules.

« Je n’étais pas dans cet état pour mon mariage. »

Ceci dit sur ce ton vaguement cynique qui fait qu’il se demande parfois comment il peut supporter sa présence depuis tant d’années. Non seulement la supporter mais aussi l’apprécier. Au point de la rechercher.

« Et on a vu comment ça s’est terminé.

- Oh, très classe, » rétorque-t-elle. Elle sourit cependant car, même si elle ne le reconnaîtra pas en sa présence, il a raison. Il n’a pas besoin que cet état de fait soit souligné, il s’arrange en général très bien tout seul pour le faire remarquer.

« Pour info, Andie n’avait pas déchiré sa robe dans les escaliers, mais avant de sortir de la chambre et je... »

Elle lève les deux mains devant elle comme un agent réglant la circulation. Et il y a de ça : elle règle la circulation des phrases qui sortent de la bouche de Lincoln avant que son cerveau ait tout à fait eu le temps de traiter les informations. Elle a plus d’une fois entendu plus de détails qu’elle l’aurait souhaité et elle n’est pas disposée à laisser ce genre de choses se produire de nouveau. Pour la centième fois, elle se demande comment un type aussi taciturne peut parfois être aussi (excessivement) loquace.

- OK, stop. Merci. » Elle avance jusqu’à lui et s’arrête quand elle lui touche le bras avec son épaule. Elle a à son tour le regard fixé sur la foule des invités à travers la fenêtre. « Lincoln ? fait-elle sur un ton interrogateur. Michael est là.

- Evidemment. »

Evidemment qu’il est là, ce n’est pas comme si LJ leur avait laissé le choix. LJ leur a dit qu’il voulait qu’ils soient présents, tous les deux, et se comportent sinon de façon fraternelle, au moins de façon civilisée. En réalité, il l’a dit à Michael, mais c’était par téléphone et Lincoln était juste en face de lui, et son fils le regardait bien en face en parlant. Lincoln n’est peut-être pas aussi brillant que Michael, mais il sait saisir un sous-entendu aussi lourdement appuyé. Ils n’ont vraiment pas eu le choix. Il se demande parfois de qui LJ tient cet esprit buté (la dernière fois qu’il en fait la remarque à Sara, elle s’est mise à rire, lui a gentiment tapoté le bras et lui a resservi une part de gâteau, semblant impliquer que tant qu’il aurait la bouche pleine, il ne pourrait pas faire d’observation idiote).

« Cent vingt invités, quatre ex-détenus, » souligne Linc. Dans un flash, il se souvient de Michael lui disant qu’un ex-détenu, ça n’existe pas ; il repousse le souvenir. C’est quelque chose qu’il fait fréquemment depuis une dizaine d’années, repousser les souvenirs impliquant son frère. Ca pose parfois un réel problème dans la mesure où ça oblitère tout de même les trois premiers quarts de son existence. Voire le fait qu’il est en vie. « Ton Dir Com doit être ravi. »

Il n’a pas encore vu son frère, dans cette foule, mais il a repéré le Dir Com en question, un type grognon au crâne en forme d’ogive et à la barbe brun-gris.

« Si mon Dir Com n’est pas content, je lui suggère d’aller se faire... »

Elle s’interrompt brusquement parce que Lincoln vient de se tourner vers elle, les sourcils levés en accent circonflexe.

« C’est un miracle que tu aies été élue, dit-il sur un ton sarcastique. Et réélue.

- C’est un miracle que le parti continue de me laisser me présenter. Mais mon Dir Com est doué et il aime les défis. »

Elle prend appui sur ses mains et se hisse sans cérémonie sur le plan de travail de la cuisine. OK. Maintenant, elle n’est pas sûre de pouvoir redescendre de là sans abîmer sa robe ou les talons de ses délicates sandales. Lincoln secoue la tête : elle a cette manie de se percher... sur les tables, les barrières, les dossiers des bancs et des canapés, les bords de fenêtre... Si elle n’était pas en robe de cocktail, elle serait sans doute déjà installée dans la position du lotus.

« Est-ce que tu te souviens au moins pourquoi vous êtes fâchés ? » lui demande-t-elle, et il la considère en se demandant s’il ne pourrait pas à présent quitter la cuisine et la laisser se débrouiller pour descendre de là par ses propres moyens. Mais elle sait qu’il n’en fera rien et il suppose que c’est sa façon de l’obliger à rester.

« C’est la faute de Michael, rétorque-t-il automatiquement.

- Bien sûr que c’est la faute de Michael, » approuve-t-elle. Il la regarde d’un air suspicieux, cherchant le piège, la manifestation de psychologie inversée, mais elle se contente de hausser les épaules. « Il a toujours été plus intelligent que toi, non ? Il aurait dû trouver une façon d’arranger les choses.

- Il a fichu sa vie en l’air...

- Lincoln, je jure que si tu repars sur ce refrain, je me mets à hurler. Et tu as...

- ... pour me sortir de là alors que j’avais fichu...

- ... peut-être un passé de très méchant garçon...

- ... ma vie en l’air pour qu’il n’ait jamais a...

- ... mais mon garde du corps a quinze ans de moins que toi et...

- ... euh... entrer dans ce genre de trucs.

- ... il te mettra une raclée dont tu te souviendras pendant un certain temps. »

Il la détaille d’un oeil mauvais.

« Je peux mettre une raclée à cet avorton dans la seconde.

- Et ce sera une autre source de satisfaction pour mon Dir Com. Sans mentionner LJ et Elizabeth. »

Il ne parvient jamais à l’emporter sur ce terrain. Avec Michael, il pouvait toujours jouer la carte du grand frère, mais Sara... Sara n’a aucun respect.

Merde, pense-t-il grossièrement en réalisant qu’il vient de comparer son frère et Sara. C’est quelque chose qu’il s’interdit habituellement de faire parce que cela déroge à la règle selon laquelle il évite de penser à Michael. Pour sa défense, ne pas penser à Michael alors qu’ils sont en train de parler de Michael est un exercice périlleux. Habituellement, il évite de parler de Michael, Sara le soutient sur ce point, et ça facilite les choses.

« Qu’il ait tout fichu en l’air ne te dérangeait pas plus que ça, jusqu’au moment où il s’est rendu. »

Il se rapproche d’elle et envahit son espace, une main posée sur le plan de travail, menaçant. Ca n’a pas vraiment l’effet escompté puisqu’elle sait depuis longtemps qu’il ne lui fera jamais de mal. Au contraire, elle relève le menton avec un petit sourire, et il sent le bout pointu de sa chaussure appuyer innocemment contre son genou. Mouvement dissuasif, juste à tire préventif.

« Qu’il ait tout fichu en l’air m’a toujours énormément dérangé. » Euphémisme de la décennie, songe-t-il. « Mais...

- ... mais pas autant que la perspective de griller sur la chaise. C’est humain, Lincoln. Tu réalises, ajoute-t-elle, qu’il l’a fait autant pour lui que pour toi, n’est-ce pas ? » Elle le sait, elle le sait aussi sûrement que si Michael le lui avait dit. Linc sait peut-être ce que son frère a sacrifié pour lui, mais Sara a soigné, et pansé et rafistolé chaque blessure, a enduré chaque regard et écouté chaque supplique. Ca n’a duré qu’un mois et demi, mais ça a été un mois et demi particulièrement long et intense.

« Merci pour la séance d’analyse. Est-ce que tu te souviens au moins pourquoi vous êtes fâchés ? »

La pression de la chaussure sur son genou s’allège, ce qui n’est pas un bon signe : cela signifie seulement que Sara prend un peu d’élan au cas où cela se révélerait être nécessaire. Sara n’est pas bonne joueuse.

« Nous ne sommes pas fâchés, il m’avait juste demandé de ne pas aller le voir. »

En prison. Il lui avait demandé de ne pas aller le voir en prison. Cela n’explique pas pourquoi ils ne se sont pas rencontrés depuis. Mais Lincoln ne dit rien, parce que la pointe de la chaussure n’est pas très loin et qu’il ne veut assister au mariage de son fils unique avec un genou en compote.

Ne pas aller le voir, ne pas intervenir en sa faveur, ne pas l’attendre. Elle ne sait pas pourquoi Lincoln insiste, elle lui a déjà expliqué ça et lui a dit qu’elle s’était conformée à ses souhaits parce que c’était tout ce qu’elle pouvait faire. Lincoln, en entendant ça, a émis un reniflement qui manquait de raffinement et semblait pour le moins insultant. Comme s’il ne la croyait pas. Et c’est vrai que quand elle en a eu la possibilité, elle est intervenue pour appuyer une procédure de libération anticipée. Mais il ne l’a jamais su, et elle n’est jamais allée le voir. Et elle ne l’a pas attendu. La preuve, elle s’est mariée. Il y a eu un nouveau reniflement de Lincoln face à cet argument.

Elle hausse les épaules.

« LJ lui en voulait aussi. Et il n’était pas non plus censé allé le voir. Ca ne l’a pas arrêté.

- LJ est plus têtu que nous, » explique Lincoln avec une mauvaise foi assez admirable. Avec un soupir, il pivote sur lui-même et se juche sur le plan de travail près d’elle. Pendant quelques instants, ils restent assis l’un près de l’autre, immobiles, silencieux, le regard fixé sur la foule des invités qu’ils devraient rejoindre. « La culpabilité, c’est merdique, » laisse-t-il philosophiquement tomber.

Elle a envie de se blottir dans un fauteuil et de se replier sur elle-même. Comme elle ne peut pas faire ça, elle se contente de balancer ses jambes d’avant en arrière, comme une gamine.

« Tu sais ce que LJ voudrait comme cadeau de mariage ? lui dit-il.

- J’espère que c’est un week-end prolongé à New York, avec une chambre au Marriott, pour l’ouverture de la saison théâtrale, parce que j’ai déjà pris toutes les dispositions. »

Avec son sens de l’esquive, pas étonnant que le parti continue de la laisser se présenter, ça compense largement le fait qu’elle ne sache pas toujours tenir sa langue.

« Tu sais ce que LJ voudrait vraiment comme cadeau de mariage ? En plus du week-end à New York. »

Elle lui lance un regard de biais.

« Une réconciliation paterno-avunculaire ? »

Il se laisse glisser du plan de travail et tend les mains à Sara pour l’aider à descendre à son tour.

« Ouais, reconnaît-il, ça aussi. »

Parfois, il se demande vraiment comment quelqu’un comme lui a pu avoir un fils aussi fleur bleue que LJ. Ca ne peut venir que de son patrimoine génétique maternel.

-=-

25-28 octobre 2006
 
 
 
(Deleted comment)
Clair de Luneclair_de_lune on February 13th, 2007 07:12 pm (UTC)
Non mais je suis une shippeuse *grin* Ca veut dire que même si je ne suis pas forcément partisane des fins rose bonbon (petits coeurs en sucre en option), j'aurais quand même du mal à écrire un truc tournant à la catastrophe (le côté mélo n'étant finalement que le pendant négatif du côté rose bonbon, hein ^^)

que la suite ne te fasse pas t'arracher trop de cheveux
Oh la suite et la fin sont écrites depuis un moment. Je ne m'aventure pas à mettre en ligne tant que je n'ai pas fini. Au cas où j'aurais besoin de changer quelque chose ou ne terminerais pas la fanfic ^^
J'étais venue chouiner à propos d'un passage il y a un petit moment mais j'ai eu le dessus *grin* J'ai même eu le dessus - pour l'instant - sur le "sequel".

Merci pour ton commentaire ;-)
Peter Pan: PB - brotherssunnydust on June 1st, 2009 05:39 pm (UTC)
J'avoue que je t'admire ! Tu manies aussi bien les mots en français qu'en anglais !
J'ai terriblement envie de savoir la suite alors je vais pas m'étaler :P