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27 September 2007 @ 05:42 pm
Prison Break : Hémato-logie  
Titre : Hémato-logie
Auteur : clair_de_lune
Public : Tout public
Spoilers : ---
Mots : ~ 1355
Disclaimer : Ils ne sont pas à moi. Je les emprunte et les rends dans quelques lignes.
Notes : Donc... j’ai souvent (presque toujours) des trucs à reprocher à mes fanfics. Mais pour une fois, je ne vais pas expliquer qu’il y a quelque chose qui ne me plaît pas. Non. Au contraire. Désolée pour cet instant d’auto-satisfaction, mais j’aime bien celle-ci. Elle n’a rien de particulier, mais c’est sans doute une de mes préférées : je suis contente du thème et de la façon dont il est développé, je suis contente de la structure, je suis contente de la chute. Bref, je suis presque aussi pénible quand je suis contente de moi que quand je ne le suis pas. *Remballe son ego et poste*
Challenge n°0 pour french_fanfics, table 1, prompt #042 Sang


(Lire l’entrée sans formatage)

hématologie :n.f., du grec haima, haimatos, sang, et logos, parole.

Il ne se souvient jamais du cauchemar en lui-même. Juste que Linc meurt sur la chaise électrique et qu’il y a du sang ; ce qui est absurde quand on y accorde plus d’un quart de seconde de réflexion. D’ailleurs, quand il se réveille, il est absolument terrifié et reste recroquevillé sur lui-même l’espace de quelques minutes, le temps que les images du rêve s’éloignent, puis le plus souvent, il laisse échapper un sourire. En partie en raison de l’absurdité du cauchemar et en partie pour conjurer l’image.

Il ne se souvient jamais du cauchemar en lui-même, et ce n’est de toute façon jamais tout à fait le même, mais il commence toujours de façon identique, Linc avançant vers la chaise électrique, et se termine invariablement avec une flaque de sang – rouge et brillant et aveuglant dans un univers en camaïeu de gris. Il sait seulement que c’est ce qu’il y a entre ces deux moments qui change et lui échappe. Parfois il n’en est pas mécontent et parfois il se demande s’il ne parviendrait pas à se débarrasser du rêve s’il pouvait s’en rappeler, l’analyser, le disséquer en pleine lumière. Mais en pleine lumière, ses rêves le fuient et se dissolvent.

* * *

Il suppose que le sang est quelque chose qui s’associe naturellement à Lincoln. Il a encore l’image du prof de sciences de son frère au collège, recevant leur mère et remarquant assez gentiment « Tu es un sanguin, Lincoln, tu dois apprendre à te contrôler. » Le lendemain, Linc est rentré avec un oeil au beurre noir et, évidemment « Tu devrais voir l’autre type. » Ouais. Au temps pour le self-control.

La toute première fois que Linc est revenu de l’école avec le visage amoché (et c’était bien avant le collège et les conseils avisés mais non suivis du prof de sciences), Michael avait quatre ou cinq ans et il a regardé avec fascination le sang suinter de l’arcade sourcilière tandis que leur mère, les lèvres pincées de mécontentement et le regard voilé d’inquiétude, les poussait dans la voiture, direction les urgences. Linc riait doucement, assurant que ce n’était rien et qu’il n’avait pas mal ; ça ne s’en est pas moins soldé par trois points de suture.

La première fois que Michael est revenu de l’école avec le visage amoché, Linc avait une douzaine d’années, et il a regardé le sang qui perlait de la lèvre de son petit frère et coulait pour former une croûte sur son menton ; il est devenu assez livide pour que Maman lui ordonne de s’asseoir et de ne pas bouger. La fois suivante où Michael a saigné, Maman travaillait et Linc a, pour sa défense, eu un peu plus d’estomac : il lui a nettoyé le genou et posé un pansement, puis il lui a donné une petite tape sur la tempe en lui suggérant de regarder où il mettait les pieds désormais (à présent, Michael attend dans une cabane au milieu du désert du Nouveau-Mexique et oh, que c’est un conseil qu’il regrette de ne pas avoir suivi...).

Juste après l’enterrement de Maman, Michael passe la lame d’un couteau sous la flamme d’une bougie et trace, avec la pointe, une fine ligne à l’intérieur de sa paume. Linc regarde en fronçant les sourcils, indécis et confus. « On est déjà liés par le sang, Mike. » Michael lui tend malgré tout le couteau. « Ils ne nous séparerons pas, hein ? » Linc prend le couteau avec un soupir et s’exécute en pensant qu’il faut que Mike arrête les films avec les cow-boys et les indiens. Michael regarde le sang qui suinte des coupures se mélanger. Un goutte tombe, presque parfaitement ronde, s’écrase sur le genou de son pantalon et disparaît dans l’étoffe noire. Il a remarqué que Linc n’a pas répondu à sa question, que son frère n’aille pas s’imaginer le contraire...

Il est déjà à la fac quand Linc et lui, un week-end, se disputent à ce point – il a déjà oublié pourquoi le lendemain, mais sur le moment, son sang ne fait qu’un tour et il lance son bras en avant et cueille Linc au menton. Il y a un splosh et quelque chose qui cède sous ses doigts. Il ne cogne pas assez fort pour envoyer Linc au tapis, et en réalité, si Linc chancelle, c’est sous l’effet de la surprise plus que sous la force du coup. Il porte une main à son visage, incrédule, et Michael sait que c’est la seule et unique raison pour laquelle il ne lui rend pas la politesse : il n’arrive pas tout à faire à croire à ce qui vient de se passer. Michael devine le sang qui macule le dos de sa main et il baisse les yeux.

Il ne veut pas penser aux petits points rouges cerclés de brun, de pourpre et de bleu au creux des bras de Linc lors de son flirt aussi bref que dévastateur avec certaines substances hallucinogènes.

Les mots « arrêté pour meurtre » paraissent flotter dans l’air autour de lui, et le sang lui cogne aux tempes et la pression lui obscurcit la vue.

Il voit Linc entrer dans le parloir vitré, poignets et chevilles entravés, et il compare l’image au confort serein de son appartement en ville. Ses doigts se recourbent, agacent la minuscule cicatrice au creux de sa paume et il se demande qui en réalité, de Linc ou lui, les a laissés les séparer. Il sent son estomac faire un saut périlleux à la perspective d’avoir sur les mains le sang de son frère.

Ils sont aussi exsangues l’un que l’autre lorsque le juge énonce la sentence de Lincoln. Mais trois ans plus tard, son sang circule un peu plus vite dans ses veines lorsque le juge le condamne, lui, à cinq ans fermes.

Dans la cour de la prison, ils sont séparés par moins d’un mètre mais la grille est infranchissable entre eux, et Linc regarde son arcade sourcilière tuméfiée. Il secoue la tête et lui demande ce qu’il a fait, nom de Dieu, et Michael lui répond « Juste ce qui devait être fait. » Il jurerait que Linc devient un tout petit peu plus blême qu’un homme, même dans sa situation, devrait l’être.

Encore à Fox River, après les émeutes, Linc était couvert de sang. Pas le sien, Dieu merci. Il a fallu longtemps à Michael pour réaliser qu’il ignorait à qui appartenait le sang et que la réponse était secondaire.

Ils courent dans les bois et quand Linc l’arrête, lui pose la main sur le bras et se penche pour lui parler, il enregistre à peine les mots. Il est trop accaparé par la sensation du sang qui bat et pulse dans les doigts de Lincoln, juste contre son poignet.

Il y a le sang de Linc sur ses mains, épais et poisseux, tandis qu’il découpe la jambe du pantalon et joue les docteurs de fortune. L’odeur qui monte de la blessure est à la fois doucereuse et métallique, elle lui envahit le nez et redescend jusque dans sa bouche au point qu’il en devine presque le goût. Linc serre les dents et lui assure que ça va, que ça ne fait pas si mal, que... Et il pourrait presque le croire si les muscles ne tressautaient pas sous ses doigts et si la respiration de Linc ne suivait pas un rythme bizarre.

* * *

Il ne se souvient jamais du cauchemar en lui-même. Mais quand il se réveille, l’image de la chaise électrique est grise et immobile, alors que le sang est rouge, chaud et vibrant. Il ne sait toujours pas ce qu’il y a entre les deux, mais il se dit que finalement, le rêve n’est peut-être pas si effrayant. N’est peut-être pas un cauchemar.

« Michael ? » Le ton est inquiet et pressant. « Michael ? »

Une main se pose sur son bras et le secoue.

Il se retourne dans le siège de la voiture, ouvre les yeux et sourit en voyant la peau éraflée et à vif – sanguinolente – sur les phalanges de Lincoln.

-FIN-


11-12 décembre 2006

Post scriptum
En général, quand je commence une fic, je sais comment elle va se terminer (j’écris parfois la dernière phrase juste après avoir écrit la première *grin*) Pas là. Là, je ne savais pas du tout où j’allais : ceci pour dire que si j’ai une fin relativement optimiste... ce n’était absolument pas volontaire de ma part ^_^
 
 
Current Mood: coldcold
 
 
 
Alo': Ø | franginsalohomoraa on October 1st, 2007 05:10 pm (UTC)
enfin ! enfin la fameuse fic "hématologie" :D

j'aime beaucoup comment le thème du sang tourne, apparaissant chaque fois d'une manière différente et accompagnant l'histoire des deux frères. ^^
Clair de Lune: pb - brothers2clair_de_lune on October 6th, 2007 04:16 pm (UTC)
Elle est courte, elle n'a rien de particulier, mais ça demeure ma chouchoute. Va comprendre :-p
Jade: Hold onjade_plume on October 6th, 2007 01:27 pm (UTC)
J'aime bien comme l'ambiance est rendue (très difficile je trouve, dans les fics PB) et la façon dont tu as traité le thème : ) Très joli texte (oui ça m'a pas déplu, l'optimisme ^^)
Clair de Lune: origami - canardclair_de_lune on October 6th, 2007 04:15 pm (UTC)
Merci beaucoup :o)

oui ça m'a pas déplu, l'optimisme ^^
lol, tant mieux. Il est relativement discret et n'arrive qu'à lui fin, mais ça a été écrit voilà quelques mois déjà et à ce moment-là, mes fanfics beaucoup plus sérieuses qu'elles ne le sont désormais :-p
virginiegalaad: PB brothersvirginiegalaad on October 8th, 2007 10:23 pm (UTC)
Ca y est, je rattrape mon retard (je garde la Michael/Linc pour demain toutefois).
J'aime beaucoup la construction de la fic, l'enchaînement des paragraphes est très sympa.
Et puis, j'imagine assez bien Michael vouloir faire un pacte de sang avec son frère, alors qu'ils sont déjà unis par le sang.
De façon générale, de toute façon, j'adore tes fics traitant de Mike et Linc.
De plus, la touche d'optimiste à la fin est loin d'être déplaisante !
Et j'ai pas l'impression d'avoir "parlé" pour rien dire :-)
Clair de Lune: pb - brothers2clair_de_lune on October 9th, 2007 08:23 pm (UTC)
De façon générale, de toute façon, j'adore tes fics traitant de Mike et Linc.
Merci ♥ Ca tombe bien, j'en ai *compte* trois en stock (dont celle pour laquelle tu m'as donné un prompt cet été), plus des mentions dans une autre. Plus les *tousse* Michael/Lincoln mais ça, c'est encore autre chose o_O
Melie-ancolietearlemondrop on October 15th, 2007 06:06 pm (UTC)
Wah.O_o je sais pas trop comment expliquer, mais, ta fic, elle a la classe!
Pardon, je parle un peu incompréhensiblement. je veux dire, elle est géniale ! J'adore comment le début et la fin sont reliés! Mais j'ai un peu la phobie des blessures au poignets, meme si il n'est pas question de pognets ça m'a un peu mise mal à l'aise. Remarque, on s'en fout complet, ce qui compte c'est BRAVO!
Clair de Lune: pb - brothersclair_de_lune on October 17th, 2007 10:45 am (UTC)
Merci :-)

J'adore comment le début et la fin sont reliés!
Hum, c'est un peu un tic, j'ai du faire ça dans plusieurs fics :-p

j'ai un peu la phobie des blessures au poignets
Oh... celle que je vais poster cette semaijne n'est peut-être pas pour toi, alors. Pas qe ce soit si terrible, mais... ;-)
Melie-ancolietearlemondrop on October 17th, 2007 05:20 pm (UTC)
Héhé ^^ Cela dit, je la lirais quand meme, certainement.
Oh et puis, le titre, plus classe, tu meurs ^^
Bravo encore ^^