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15 June 2007 @ 05:39 pm
Prison Break - Au fil de l'eau (2/3)  
Titre : Au fil de l'eau (2/3)
Auteur : clair_de_lune
Spoilers : Saison 2, épsode 22
Public : Tout public
Mots : ~ 7800 (au total)
Disclaimer : Pas à moi. Je les emprunte pour quelques lignes et les rends juste après.
Prompt : Michael/Sara, Lincoln, un bateau, une bonne bouteille et la phrase "Chacun de mes actes est une destruction". Pour squeeee_girl dans le cadre de pbff_echange.
Notes : Il y a à la fin de ce post une petite scène non utilisée dans la version définitive de la fanfic.

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Dix jours.

C’est le temps qu’il leur faut pour le remettre sur pied.

Il n’est pas un patient facile. C’est du moins ce que Sara lui a déjà dit à plusieurs reprises et pourtant « J’ai l’habitude des patients difficiles, Michael. » au point que cette fois, elle sort de la cabine en marmonnant sotto voce. Il entend ses pas sur le pont, la démarche excédée, et dans les minutes qui suivent, Linc passe la tête à l’intérieur.

« Je ne vais pas jouer les intermédiaires à chaque fois que tu te disputes avec ta nana, Michael.

- Je ne suis pas sa nana. » La voix de Sara leur parvient depuis la proue, claire et coupante. Michael pense que cette assertion n’est pas tout à fait exacte (elle est même totalement fausse), c’est juste le terme qui déplaît à Sara.

« Je ne me suis pas disputé avec ma petite amie, je me suis disputé avec mon médecin.

- Elles ont aussi mauvais caractère l’une que l’autre, et dans le genre, t’es pas mal non plus, » rétorque Lincoln avant de tourner les talons.

Ce n’est pas qu’il est un patient difficile ni qu’il a mauvais caractère, encore que, il veut bien le reconnaître, ces options ne sont pas à exclure : c’est qu’il veut pouvoir se lever, aider, se rendre utile et ne pas s’entendre répondre qu’il est plus utile en restant où il est.

Il a peut-être quelques réticences à laisser les commandes à autrui. Mais quand autrui écarte le rideau de la petite cabine de douche pour voir si "tout se passe bien" parce qu’autrui trouve, au bout de deux minutes, qu’il est là-dedans depuis trop longtemps ? Il estime que c’est pile le point où autrui dépasse les bornes et que le moment est bel et bien venu de se lever, aider, se rendre utile. Autrui numéro un argue du fait qu’il est son frère, autrui numéro deux souligne le fait qu’elle est son médecin ; dans les deux cas ils ont raison, mais quand même, il y a des limites à tout.

« J’imagine que tu peux rester ici et tenir la canne à pêche, » accepte autrui numéro un en lui désignant un petit tabouret en toile.

Il émet un sifflement sarcastique. « Waouh, Linc, merci.

- Ou nettoyer le poisson pour ce soir, si tu préfères, » suggère autrui numéro deux.

Elle a les mains couvertes de... différentes choses qu’il n’a pas nécessairement envie d’identifier et nommer, si bien qu’il s’empare sans hésiter de la canne que Lincoln lui tend. Tenir la canne à pêche, ce n’est pas si mal, surtout assis au soleil sous une brise légère, avec le roulis apaisant du bateau et le faux silence tranquille alentour.

« Une bière, Mike ? propose Linc.

- Limonade, contrecarre machinalement Sara, avant d’ajouter : Vous savez ce qui est drôle ? De nous trois, je suis la seule à avoir réellement tué quelqu’un. »

Michael sursaute, glisse un peu de son siège et se redresse tant bien que mal. La canne à pêche manque de lui échapper, plonge sans prévenir, et le premier poisson qu’il allait attraper depuis... plus longtemps qu’il est décidé à l’admettre parvient à s’échapper.

« Sara ? »

Le long couteau de cuisine est posé devant elle, bien parallèle aux poissons qu’elle était encore en train, un instant plus tôt, de nettoyer. Elle a les joues livides sous le hâle récemment acquis et garde les yeux fixés sur ses mains gluantes et ensanglantées.

« Drôle n’est peut-être pas le terme approprié, » reconnaît-elle.

Pendant quelques secondes, Lincoln et lui la considèrent avec un mélange de détresse et de compassion, cherchant en vain une réponse. Il voudrait pouvoir lui dire que le fait d’avoir pressé la détente ne l’a pas fait passer, juste comme ça, du statut de médecin à celui de meurtrière, mais elle sait ça aussi bien que lui. Il voudrait pouvoir lui dire qu’il est désolé, mais le fait est qu’il ne l’est pas vraiment ; il est désolé qu’elle soit passée par là, mais c’était Lincoln ou Kim et ce n’est pas un choix qui demande beaucoup de...

Elle n’a pas tué un homme, elle les a sauvés tous les deux, Linc et lui, d’un seul coup de feu ; il ne sait pas comment il aurait survécu s’il avait dû faire tout ça pour voir son frère être abattu devant lui.

« Ouais, merci, d’ailleurs, » laisse tomber Lincoln, faussement dégagé. Puis il se penche sur le côté et murmure sur un ton de pseudo-confidence : « Désolé pour la douche tout à l’heure, hein, je m’inquiétais. » Il avale une gorgée de bière. « Sara, elle, elle voulait juste se rincer l’oeil. »

Elle est toujours pâle et ses doigts tapotent la planche en bois et le manche du couteau, mais elle sourit vaillamment.

Michael secoue la tête. « Tu ne devrais pas te moquer d’une femme qui a les mains dans les entrailles d’un poisson, Linc. »


Dix foutus pétards que font claquer des gamins sur la plage à quelques centaines de mètres de là.

C’est le laps de temps qu’il faut à Lincoln pour comprendre à quel point il est indésirable. Si totalement, complètement, hautement indésirable qu’il faudrait presque inventer un nouveau mot pour qualifier le phénomène.

Il ne sait pas au juste combien de minutes ça dure, mais il sait qu’il sursaute à chaque petite explosion qui résonne dans la nuit. Et entre chaque petite explosion, il y a des chuchotis et des gloussements provenant de la couchette parallèle à la sienne. Exaspérants au point qu’il finit par lâcher « Chut ! » et « Bon Dieu, y’a une troisième couchette ! » et « Je ne vois pas comment vous arrivez à tenir tous les deux là-dessus, de toute façon ! »

Et là, les petites explosions se poursuivent, mais les chuchotis et les gloussements s’arrêtent, remplacés par un amusement si intense qu’il le perçoit à travers la cabine, presque palpable, et...

« Vous rigolez ! Je suis juste là...

- On ne te retient pas, répond Michael.

- Quoi ?

- Ce que Michael n’arrive pas à dire, c’est prends une couverture et une bière et va dormir dehors. Ou dans le cockpit. Ou va lever l’ancre. Ferme l’écoutille derrière toi, » énonce tranquillement Sara.

Elle devrait être embarrassée de demander ce genre de choses, non ? Elle ne semble pas le moins du monde embarrassée, elle va même jusqu’à ajouter : « L’iPod est dans le tiroir, près des hameçons.

« Je ne veux pas de ce truc, y’a que des comédies musicales, dessus, rétorque-t-il, avant de réaliser qu’il vient implicitement de rendre les armes.

- Prends l’iPod, Linc. » Il se lève et obéit sans discuter parce que la voix de son frère a la même détermination que quand il lui a annoncé "je vais te faire sortir de là" et... eh bien, il est dehors, n’est-ce pas ? Sur le bateau de l’enfer, mais en vie et dehors.

« Si tu quittes le mouillage, essaye de ne pas nous échouer, lance Sara.

- C’était un accident à cause de la marée.

- Les trois fois ? »

Il y a des moments où il regrette vraiment de ne pas l’avoir foutue à la flotte tant qu’il en avait la possibilité. Il est presque sûr qu’il aurait fini par arriver à manoeuvrer le rafiot sans aide, de toute façon.

Dormir (parce qu’il ne va pas lever l’ancre, pas si c’est pour s’attirer des commentaires caustiques) à la belle étoile n’est pas si terrible. Quand on considère qu’il aurait pu ne plus jamais revoir la lumière extérieure, dormir à la belle étoile est même foutrement agréable. Il se cale contre la coque et glisse le premier et... oui, le second écouteur aussi dans ses oreilles. Le côté positif de tout ça c’est, peut-on en déduire, que Michael va effectivement mieux.

Chicago. Bien sûr. Il tripatouille les commandes de l’iPod rose (on ne lui aura rien épargné) jusqu’à trouver Cell Block Tango. Bien sûr.

La musique ne couvre pas le bruit des foutus pétards que continuent de faire claquer les gamins sur la plage.


Dix semaines.

C’est le temps qu’il leur faut pour récupérer le Christina Rose (le vrai, sans fichu numéro derrière son nom) et prendre le large. C’est un incontestable mieux dans leurs conditions de vie, notamment parce que le Christina Rose dispose, outre du carré, de vraies cabines avec des couchettes doubles et des portes coulissantes. Celle qu’il partage avec Sara se situe à l’avant, celle de Linc est à l’arrière, et son frère a par ailleurs téléchargé « par précaution » de la musique « masculine » sur l’iPod de Sara. Jusqu’à présent, Michael n’avait pas conscience que la musique possédait un genre, mais Lincoln s’est fait fort de lui démontrer que les comédies musicales sont bel et bien de la musique pour nanas.

Conséquemment, Michael ne comprend pas trop pourquoi Lincoln chantonne Cell Block Tango chaque fois qu’il est de corvée de nettoyage du pont, mais il a appris à ne pas poser ce genre de questions.

Parmi les autres indubitables améliorations, il y a la télé par satellite, une cabine de douche comportant un verrou intérieur, une connexion internet et un pont assez grand pour qu’ils puissent, entre deux déplacements, lézarder au soleil.

Il y a aussi un réfrigérateur dans lequel attend une bouteille de champagne. Dom Pérignon blanc, millésimé. Parce que ça fait aujourd’hui six mois que Linc a été officiellement blanchi et réhabilité, ils sont encore en vie et Michael estime que, malgré tout le reste, malgré les conspirations, les morts, les trahisons... ou peut-être justement pour ces raisons, ça mérite d’être fêté.

Quand il remonte du carré avec le seau à champagne, Sara est allongée sur le pont avant, sagement recouverte de crème solaire, la nuque protégée par un grand chapeau, son dos et ses jambes dorés juste comme il faut. Il trempe le bout des doigts dans le seau empli d’eau et de glace, laisse tomber quelques gouttes entre ses omoplates et regarde la peau satinée se hérisser. Elle sursaute, soulève le bord du chapeau pour le regarder par-dessus son épaule et elle murmure paresseusement « Tu payeras pour ça. Plus tard. » avant de refermer les yeux.

Il pose avec précaution le seau à champagne entre eux, se penche et efface d’un baiser les frissons qui courent encore dans son dos. D’autres frissons apparaissent et il sourit.

« Hum, fait-elle, c’est un début. »

Parfois, Linc dit qu’ils ne vont pas pouvoir vivre ainsi éternellement, que tôt ou tard, ils vont devoir rentrer sinon à Chicago au moins aux Etats-Unis. Linc veut, veut, veut... et Michael trouve intéressant que son frère soit empli de projets, de résolutions et de bonnes intentions alors que tout ce que lui peut désirer se trouve juste à portée de main. Il ne voit vraiment pas quel est le problème de vivre comme ils vivent en ce moment ; il sait que LJ manque à Linc, mais c’est une question qui pourrait être aisément résolue.

Quand il a dit qu’il fallait commencer par détruire pour reconstruire, son frère l’a pris au mot ; a surtout retenu l’aspect "reconstruction" et a décidé de reconstruire différemment. Linc le lui a dit, quelques mots marmonnés, rapides, parce que les discours et les confessions, ce n’est pas son truc. Il a utilisé des expressions telles que « apprécier ce qu’on a », « faire au mieux », « je te promets » (qui ne signifie pas grand-chose, soit dit en passant, Linc lui a déjà promis des tonnes de choses des tonnes de fois) et un « plus de conneries... enfin, moins de conneries... » qui a rassuré Michael parce que Linc raisonnable est une perspective pour le moins déstabilisante.

Il y a eu une époque où il raisonnait exactement comme Linc raisonne à présent : acquérir, ranger, améliorer. Désormais, il est heureux de ce qu’il a dans l’état où il l’a, et l’intérêt d’améliorer ce qui fonctionne lui échappe – le risque de casser quelque chose est bien trop élevé.

« Tu vas ouvrir cette bouteille ou bien il faut que j’aille chercher l’iPod avant que vous vous enfermiez en bas ? lance Lincoln.

- Vous savez, dit-il en redressant légèrement la bouteille dans le seau, que ce bateau n’a jamais été baptisé ? »

Sara roule sur elle-même pour s’asseoir sur sa serviette de bains et elle le regarde ; il lui adresse un petit clin d’oeil entendu.

« Vraiment ? fait-elle.

« Tu ne vas pas baptiser le bateau avec une bouteille de champagne à quelques centaines de dollars, Michael, dit Linc, mi-dubitatif, mi-résolu à ne pas voir ce genre de chose se produire. Sara... »

Il en appelle à elle comme si elle était la voix de la raison. Sara. La voix de la raison, une femme qui a laissé son existence derrière elle sans un regret, pour crapahuter avec deux types, dont un quasi-fugitif (les autorités panaméennes n’en ont pas tout à fait terminé avec son cas), en pleine mer des Caraïbes ? C’est bien Lincoln.

Elle hausse légèrement les épaules. « Ne pas baptiser un bateau lui porte malheur. On raconte que le Titanic n’avait pas été baptisé, avant son voyage initial. On a vu ce que ça a donné.

- Utilisez de la bière. Du cidre. Du mousseux. Un champ’ moins ruineux, » suggère-t-il.

Mais Sara secoue la tête, l’air sagace, et continue de jouer le jeu. « Non, ça ne marche pas comme ça. » Elle sort la bouteille de champagne de son seau et l’agite légèrement au-dessus de Michael ; il tressaille quand les gouttelettes glacées lui tombent sur les épaules, mais il suppose qu’il l’a mérité.

Sous le regard de Lincoln, qui est partagé entre incrédulité et inquiétude, elle attache l’extrémité d’une corde autour du goulot de la bouteille et l’autre au bastingage. « Sérieusement, Sara... »

Elle ne répond pas et c’est à ce moment-là, une seconde trop tard, que Michael comprend. Il la voit se pencher un peu en avant, par-dessus le garde-corps, le bras tendu au-dessus de l’eau turquoise qui clapote autour du Christina Rose, et elle demande : « Quelque chose à dire, les garçons ? »

Et Michael se lève d’un bond mais n’a pas le temps de l’arrêter : elle lâche la bouteille en la poussant en direction de la coque. Il y a le bruit sourd et satisfaisant de la bouteille heurtant le matériau composite, puis le son du verre qui explose et se brise en milliers de petits morceaux. Il regarde le champagne couler le long de la coque et ce qui reste du goulot de la bouteille se balancer mollement au bout de la corde.

« Tu as..., murmure-t-il.

- Elle a, » confirme Lincoln avec un demi-sourire. Michael n’en jurerait pas, mais il serait assez tenté de dire que son frère manifeste une certaine satisfaction à le voir ainsi battu à son propre jeu.

« On ne baptise pas un bateau avec de la piquette, dit tranquillement Sara. Encore moins quand il porte le nom de votre mère. »

Elle est de nouveau installée sur sa serviette, chapeau sur le crâne, quand ils réagissent et se décident à bouger. Lincoln remonte prudemment le goulot, dénoue les extrémités de la corde et marmonne : « Epouse-la. »

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Non utilisé parce que je n'avais pas envie de verser dans la crackfic

Sara est de nouveau installée sur sa serviette, chapeau sur le crâne, quand ils réagissent et se décident à bouger. Lincoln remonte prudemment le goulot et dénoue les extrémités de la corde « Epouse-la, dit-il, avant d’ajouter : je pourrais vous marier.

- Tu ne peux pas nous marier, lance Sara sans prendre la peine de relever la tête.

- Bien sûr que si. Je suis le capitaine de ce bateau et on est dans les eaux internationales. » Un regard interrogateur en direction de Michael. « On est dans les eaux internationales, non ? On peut y être rapidement, de toute façon.

- Tu n’es pas le capitaine de ce bateau, » rétorque Sara. Elle a la tête entre les bras, la voix paresseuse et étouffée, mais son ton est sans appel. « Tu n’es même pas fichu de savoir si on est dans les eaux internationales. Tu ne sais toujours pas sortir du mouillage sans nous échouer.

- C’était un accident...

- Les cinq fois ?

- ... et le bateau est à mon nom.

- Seulement parce que les autorités panaméennes n’en ont pas, hum, tout à fait fini avec moi, » intervient Michael. Sara a raison, l’incompétence maritime de Linc est douloureusement évidente : elle navigue comme une pro et lui-même a pris toutes les leçons nécessaires comme partie intégrante de son Plan. Mais Linc ?

Pour l’instant, Linc sourit, ce qui sous-entend que quelque chose lui échappe. « Quoi ? demande-t-il à son frère.

- Vous n’avez rien contre l’idée du mariage en elle-même, » remarque-t-il, et cette fois, Sara relève vivement la tête et regarde Michael. Linc les regarde se regarder pendant quelques secondes, puis avec un petit soupir résigné, il désigne l’intérieur du bateau d’un geste du pouce. « Je vais chercher l’iPod. »

Au départ, ce passage devait être plus long, notamment Michael et Sara expliquant à Lincoln que le fait d'être le propriétaire du bateau ne fait pas automatiquement de lui son capitaine. Mais comme jai décidé de ne pas l'utiliser... je n'ai pas développé.
 
 
Current Mood: hungryhungry
 
 
 
Melie-ancolie: Bob rasovski !!!tearlemondrop on June 15th, 2007 05:44 pm (UTC)
Mouahahahahahahahahahaha cette suite est aussi bien que la premiere! (qui a dit qu'elle ne voyait pas suite a cette fic? C'est pas moi, c'est le chat! ^^" )
Clair de Lune: pb - trio2clair_de_lune on June 15th, 2007 09:08 pm (UTC)
C'est une fic en trois parties (d'où les 1/3 et 2/3 à la suite du titre)... donc tu peux t'attendre à en voir arriver une dernière la semaine prochaine ;-)