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09 March 2007 @ 06:43 pm
Prison Break - Inaccessible (1/3)  
Titre : Inaccessible (1/3)
Auteur : clair_de_lune
Spoilers : Saison 2, épisode 18. Post-série.
Public : Tout public
Challenge : n°0 pour french_fanfics
Fandom : Prison Break
Table : 1
Prompt : 034 Distance
Notes : Le spoiler concernant l’épisode 2.18 n’est vraiment pas grand-chose. Et pour quelqu’un qui n’a pas d’affection particulière pour les fanfictions post-série, c’est quand même ma deuxième ^^

Chapitres précédents - Chapitres suivants


Reynolds a été empêchée, arrêtée, attend d’être jugée. Tout le monde sait qu’elle n’a pas donné l’intégralité des noms des gens appartenant à la Compagnie. En partie parce qu’elle ne les connaît pas.

Lincoln a été innocenté, réhabilité, il a reçu réparation sous forme de lettres officielles et d’espèces sonnantes et trébuchantes. Ca ne peut pas tout effacer, ça n’efface rien, mais ça ne peut pas faire de mal.

LJ idem.

Sara a été pardonnée, a reçu l’injonction de suivre une thérapie, une tape sur les doigts et l’interdiction d’exercer pendant dix ans dans un pénitencier. La dernière clause n’est pas vraiment ce qu’elle considère comme une punition.

Il a, lui, fait quelques semaines de prison. Le temps que l’imbroglio se démêle, que l’on décide que faire de lui. Il s’en tire avec les quelques semaines d’incarcération, une condamnation avec sursis, des travaux d’intérêt général, des excuses officieuses et un sermon officiel l’exhortant à ne pas recommencer ce genre de chose. Il est bien d’accord sur ce point. Il ne fait pas remarquer qu’il suffit qu’on ne lui donne pas de raison de recommencer ce genre de chose.

Il passe les grilles de la prison, laisse Lincoln le prendre dans ses bras, l’entend lui dire que Sara l’attend en ville, que LJ rentre de chez Jane demain – il a été retardé, un problème avec son vol.

C’est le happy end presque parfait, inimaginable six mois plus tôt.

Il se demande pourquoi il a l’impression de flotter à côté de la situation sans se sentir concerné.

-O-


Il reste chez Linc une quinzaine de jours avant de lui annoncer que « Sara et moi allons louer une maison. »

Une expression indéfinissable passe sur le visage de son frère.

« Ne fais rien de stupide, Michael.

- Tu penses que nous installer ensemble est stupide ? J’aurais cru que tu en avais assez de nous voir traîner ici, » dit-il avec un sourire. Quand ils ne sont pas chez Lincoln, ils sont dans le petit appartement de Sara. Il ne voit pas ce que ça pourra faire comme différence.

Linc lui lance un coup d’oeil aigu par-dessus sa tasse de café. « Ne dis pas n’importe quoi. Et ce n’est pas vous installer ensemble qui est stupide, c’est de vous précipiter pour le faire. Il y a encore des trucs à régler.

- Des trucs comme quoi ?

- Des trucs, » fait juste Lincoln. Des trucs comme le fait que Michael a régressé, rentre dans sa coquille plus rapidement qu’il est possible de l’imaginer, ou se réveille en pleine nuit et ne se rendort pas. Des trucs. Parfois, Lincoln aimerait pouvoir être plus éloquent ; il se contente de lui demander s’il revoit son thérapeute.

Mais Michael lui assure que tout va bien, que tout va bien se passer et il veut le croire parce qu’ils l’ont tous mérité.

-O-


Il a du travail, rien d’aussi prestigieux et exigeant qu’avant, mais un travail qui lui plaît ; Sara a un poste à l’hôpital du comté et a repris son internat pour se spécialiser – elle ne sait pas encore quoi, elle sait juste qu’elle veut recommencer à apprendre. La maison est jolie, le quartier agréable, les voisins charmants.

Il aime Sara avec une force qui le surprend, il l’aime plus qu’il aurait jamais cru pouvoir aimer un autre être humain – c’est-à-dire autant que Lincoln : un tout petit peu trop. Il se sent toujours légèrement extérieur à son existence, mais il se dit que ce n’est qu’une question de temps, quelques jours, quelques semaines tout au plus, avant que les choses rentrent dans l’ordre. Il se donne une limite de temps, la repousse une fois ou deux. Il n’a pas le cran ni le coeur de lui dire que chaque fois qu’il la regarde, chaque fois qu’elle lui sourit ou le touche, il revoit les actes qu’il a commis (et les conséquences qui en ont découlé) pour sauver Lincoln, et dont elle est à la fois la victime, la complice et l’incarnation.

Au début, il pense qu’elle ne remarque rien – il a toujours été plutôt doué pour se retrancher en lui-même et ne rien en laisser paraître – mais il se rend compte qu’il se trompe. A la façon dont elle l’observe, lui effleure le bras ou lui sourit de son sourire de médecin, composé et rassurant. Il suppose que c’est logique, jusqu’à présent, il n’y avait que Linc pour noter ce genre de choses. Mais s’il aime autant Sara, peut-être est-ce réciproque et peut-être voit-elle ce qu’il parvient habituellement à garder pour lui.

Elle lui demande ce qui ne va pas et il lui répond que tout va bien, pourquoi est-ce que tout n’irait pas bien, alors que tout est parfait ? Et tout est parfait, sauf lui. Il la regarde s’asseoir sur le fauteuil en face de lui, prendre ses mains dans les siennes, baisser les yeux. Lorsqu’elle les relève vers lui, ils sont ternis d’un voile d’appréhension.

« Tu sais que tu peux me parler, Michael.

- Bien sûr. » Il retourne délicatement une de ses mains entre les siennes, se penche pour en embrasser la paume.

Elle est éteinte à cause de lui, et il ne peut pas la regarder en face. Il sent sa peau tout contre son visage, irréellement proche, alors qu’il a l’impression de se désagréger tout doucement sur place et d’échapper à Sara.

Linc un jour s’est comparé à une ancre entraînant tout avec lui ; il a l’impression d’être un ballon qui s’élève tout doucement en étant incapable de se retenir à quoi ou qui que ce soit.

-O-


Ca arrive de façon idiote : des amis de Sara invités à déjeuner un dimanche, une des femmes remarquant, mi-souriante mi-attendrie, qu’ils auront une sacrée histoire à raconter à leurs petits-enfants quand ceux-ci voudront savoir comment ils se sont rencontrés.

Il sent sa respiration lui rester bloquée dans la gorge. Plusieurs mois qu’ils habitent ensemble, et certaines choses ont évolué avec une rapidité affolante, mais ni l’un ni l’autre n’a jamais évoqué l’idée se marier, d’avoir des enfants. D’aucune façon que ce soit, ni sérieusement, ni sur le ton de la plaisanterie, ni de façon purement spéculative. Ca veut certainement dire quelque chose, et ce n’est pas quelque chose de positif.

Mais surtout... surtout pourquoi voudrait-il raconter pareille histoire à ses petits-enfants ? Il y a la partie de l’histoire qui fait que Linc est en vie, mais il y a aussi la partie de l’histoire qui fait que certaines personnes sont mortes et que des existences ont été détruites. Lincoln mérite de vivre, c’est un fait, mais lui ne mérite pas d’en retirer une quelconque gloire.

« Michael, ça ne va pas ?

- Non... si, bien sûr. Je vais... Juste un instant, s’il vous plaît, je reviens. »

-O-


Il est assis sur le lit, dans leur chambre, un tube d’aspirines posé sur la table de chevet. Le murmure des conversations arrive jusqu’à lui, étouffé et incompréhensible, et se décider à sortir de là et redescendre lui semble au-dessus de ses forces pour l’instant. Finalement, il entend les chaises bouger, les invités partir et, au bout de deux ou trois minutes de silence, les pas de Sara dans l’escalier. Il réalise qu’il doit être là depuis un moment.

« Je suis désolé, dit-il à Sara quand la porte de la chambre s’ouvre sur elle. J’allais redescendre. » Ce n’est pas tout à fait vrai, mais c’est ce qu’il est supposé dire, n’est-ce pas ?

Elle a un petit mouvement d’épaules semblant signifier aucune importance et elle s’assoit près de lui.

« Mandy s’excuse, elle ne voulait pas te mettre mal à l’aise. »

Pas de reproche, pas une once de réprobation dans sa voix : elle est toujours si parfaitement patiente avec lui. Au début, elle a froncé les sourcils devant ses petites bizarreries, à présent, elle les prend comme faisant partie intégrante de lui. Alors qu’il ne cesse de s’étonner des siennes.

« Michael, reprend-elle doucement, pourquoi est-ce que je ne peux pas te toucher ? »

Peut-être pas si patiente que ça, en fin de compte. Mais cet aspect-là n’est pas un problème, c’est sans doute celui qu’il peut gérer le plus facilement. Un sourire, une pirouette et... Il la pousse un peu contre les oreillers et les coussins qui recouvrent le lit, les mains glissant sous son pull, remontant le long de ses côtes, et il murmure contre son oreille « Tu sais que tu peux me toucher quand tu veux. »

-O-


Elle a vu exactement le moment où ça s’est produit. Il s’est tourné vers elle et lui a souri, et c’était pile comme leurs premières entrevues à Fox River : sourire innocent et regard provocant, ton léger et voix veloutée, gestes assurés et un zeste de retenue. Il n’a avec elle cette assurance un peu supérieure que lorsqu’il joue un rôle ; et il est bon comédien, mais elle connaît ses trucs, à présent.

« Michael... » Elle s’enfonce dans les coussins pour se dégager... « Arrête ! » ... et le repousse avec un peu trop de vigueur, juste assez pour qu’il rebondisse contre le matelas avec une expression étonnée.

-O-


« Pourquoi est-ce que je ne peux pas te toucher ? » répète-t-elle.

Il ne lui parle pas ; mais elle ne lui parle pas non plus. Elle lui a dit une fois, peu après sa libération, qu’elle irait bien et jamais rien de plus ensuite. Il ne sait pas si elle lui en veut toujours pour ce qu’il s’est passé ou si elle considère qu’il n’est pas à blâmer. Dans l’urgence de la situation, le tourbillon ayant suivi la réhabilitation de Linc, il n’y a pas eu le temps pour ça. Mais à présent, il ne sait pas si elle ne lui parle pas parce qu’elle ne lui fait pas confiance, ou parce qu’elle pense qu’il n’a pas envie ou besoin d’entendre ce qu’elle a lui dire, ou encore parce qu’elle n’a effectivement rien à lui dire.

« Sans doute un peu tout ça à la fois, » reconnaît-elle.

Il se penche en avant, les doigts entrecroisés sur la nuque, le visage serré entre ses coudes, et il laisse l’aveu glisser tout doucement sur lui. « D’accord. »

Il lui parle. Il doute qu’elle apprécie ce qu’il lui dit.

-O-
 
 
Current Mood: okayokay
 
 
 
chinesebakery: PB- Michael owwchinesebakery on March 9th, 2007 06:11 pm (UTC)
WOW.
Peu éloquent, c'est sûr, mais ça résume assez bien mon sentiment.
Je suis vraiment impressionée par ce premier chapitre, de l'écriture qui semble hyper maîtrisée à l'interprétation parfaite de Michael... C'est peu dire que j'ai hâte de lire la suite.
Clair de Lune: pb - michaelclair_de_lune on March 9th, 2007 08:26 pm (UTC)
Merci beaucoup :-) Je ne suis pas très sûre de cette histoire parce qu'il y a pas mal d'ellipses, va-t-on dire gentiment, et j'ai l'impression "d'escroquer" les gens dans ces cas-là, mais... bah, je la voulais comme ça, assez lapidaire :-p
Alo': PB | mike/saraalohomoraa on March 9th, 2007 10:00 pm (UTC)
houhou ! une fic Michael/Sara ! re-houhou.
j'espère que tout va bien se passer, que l'on sort les quelettes des placards pour mieux s'en débarrasser et non pour les inviter à table. je suis donc impatience de découvrir la suite :)

quant à l'écriture colle très bien à l'état d'esprit de Michael. Non, vraiment hâte...
Clair de Lune: pb - michaelclair_de_lune on March 10th, 2007 11:57 am (UTC)
Je... je... je ne sais vraiment pas quoi te répondre ^^ Juste peut-être de garder à l'esprit que quels que soient le déroulement et l'issue de l'histoire, il y a/aura d'autres fanfics pour contrebalancer.
Alo': citation | doomedalohomoraa on March 10th, 2007 12:29 pm (UTC)
okay... tout d'un coup, je la sens mal cette fic... *méfiance*
bon, y a et aura d'autres fic pour contrebalancer... :)