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03 March 2007 @ 05:36 pm
Prison Break - Faux pas : Contre danse  
Titre : Faux pas : Contre danse
Auteur : clair_de_lune
Spoilers : ---
Public : > 15 ans
Disclaimer : Pas à moi. Je les emprunte pour quelques lignes et les rends juste après.
Notes : C’est un contrepoint et non une seconde partie, mais il est quand même plus logique de commencer par lire Faux pas. J’aurais pu essayer de faire quelque chose de complètement différent mais... non. Au contraire, je me suis appliquée à respecter la même structure.



La première fois que cela se produit, c’est parce qu’il est trop tôt le matin. Il n’est pas encore tout à fait réveillé qu’il est déjà sur la table d’examen, l’esprit embrumé, et il ne se souvint pas exactement à quoi il a rêvé, mais de toute évidence, c’était agréable. Les allers et venues du docteur Tancredi tout près de lui n’arrangent pas sa situation.

Elle est pâle et s’agite nerveusement, ne remarque pas qu’il essaye de lui adresser un sourire apaisant, et bien entendu, elle finit par trébucher sur le tabouret qui se trouve dans le passage. Elle bascule avec un juron, une main sur la table d’examen, l’autre sur lui, et un coup de pied agacé dans le siège pour s’en débarrasser. Il tressaille et essaye de se dégager, mais sa seule échappatoire est vers l’avant et elle n’est absolument pas viable. Lorsque Sara relève la tête, il se souvient pourquoi un homme dans sa condition devrait s’asseoir en gardant les mains croisées devant lui.

Il essaye de trouver quelque chose à dire, mais tout ce qui lui vient à l’esprit, c’est l’injonction "Réfléchis". Son cerveau toujours hyperactif est parti en vrille, et il soupçonne que celui de Sara a suivi le même chemin car elle le regarde bien en face et, avec une expression déterminée, enfouit la main dans la ceinture de son pantalon. Il n’ose pas bouger, n’ose pas respirer, il ne sait pas trop s’il souhaite ou s’il redoute que quelqu’un les arrête. Il serre les doigts sur le bord de la table et se penche en avant, le front à quelques centimètres de l’épaule de la jeune femme, le visage dans ses cheveux. Il ferme les yeux et oublie où il est. Il espère qu’il ne fait pas de bruit.

Quand elle le libère, elle regarde sa main d’un air indécis puis l’essuie sur sa blouse. Même la crudité du geste ne le ramène pas tout à fait à la réalité.

-=-


La deuxième fois que cela se produit, c’est à cause de Bellick, qui décide d’une fouille générale alors qu’il se trouve dans les fondations du bâtiment. Sucre l’appelle, il s’ouvre l’arcade sourcilière en revenant précipitamment dans la cellule et un gardien doit le conduire à l’infirmerie. Il se souvient de ce qu’il s’est passé la dernière fois qu’ils étaient seuls ici : il en tiendra pour responsable le principe de réciprocité, ainsi que ses bonnes manières, selon lesquelles un cadeau appelle un cadeau.

Elle lui tourne le dos une première fois pour jeter quelques compresses, et il étudie avec intérêt la ceinture de son pantalon. Pratique. Elle lui tourne le dos une seconde fois, délibérément, en pivotant vers son bureau, et il descend de la table d’examen où elle l’a abandonné parce que, si ce n’est pas une invitation, c’est en tout cas un acquiescement tacite. Elle ne bouge pas lorsqu’elle l’entend avancer et elle ne proteste pas en sentant qu’il l'étreint et glisse une main sous ses vêtements. Il trouve exactement ce qu’il cherchait et il sourit et explore avec minutie. Elle plaque ses hanches contre lui, étire un bras vers l’arrière pour le serrer plus étroitement contre elle, mais il se contente de murmurer un "chut" et de lui voler un baiser au creux de la nuque.

Ses jambes la lâchent et, avec un soupir, elle s’effondre doucement contre lui ; il en oublierait presque le principe de réciprocité.

Quand il la libère, il regarde sa main et, avec un petit sourire, elle lui tend sa blouse. La complicité du geste lui fait perdre le peu de connexion qu’il avait encore avec la réalité.

-=-


La troisième fois que cela se produit... il pourrait sans doute trouver une raison valable, mais la vérité est qu’il a passé plusieurs heures allongé à l’infirmerie avec de la fièvre, à l’observer tandis qu’elle vaquait à ses occupations. Elle a éteint quelques heures plus tôt le plafonnier pour qu’il puisse se reposer, seule sa lampe de bureau est encore allumée et dessine des ombres étranges sur les murs. Ils sont seuls dans la salle où règne un silence inhabituel. Disons que la troisième fois que cela se produit, c’est à cause d’Abruzzi, parce qu’elle craint une infection de la blessure que lui a infligée John et elle le consigne à l’infirmerie. Il faut bien un responsable et ce ne sera pas le pire forfait inscrit au palmarès de John.

Tard dans la soirée, elle lui pose un thermomètre sur le front et déclare que la fièvre est retombée. Cette assertion lui tire un sourire un coin ; elle évite de croiser son regard quand elle la prononce.

« Je peux regagner ma cellule, alors ? »

Elle lui dit oui mais elle ne fait pas un geste pour appeler le gardien. Elle coule un regard rapide en direction de son fauteuil de bureau.

Ensuite, il est à peu près sûr d’être victime d’une sorte de trou noir temporel, c’est la seule explication raisonnable. Car un instant il pose une question presque innocente, le suivant il tombe lourdement sur le fauteuil. Ses mains remontent le long des jambes de Sara tandis qu’elle déboutonne, ouvre, écarte tout ce qui peut la gêner et finalement se laisse glisser sur lui. Le tout manque un peu de raffinement mais compense par une bonne dose d’enthousiasme, et ils bougent de concert comme si chaque mouvement avait été dûment chorégraphié. C’est la première fois qu’il réalise que les meilleurs plans ne sont pas nécessairement les plus élaborés. Il resserre son étreinte sur elle et elle lui pose une main sur la nuque ; il la resserre un peu plus et la main retombe et descend, bataille contre sa chemise et son tee-shirt, recherchant de la peau à caresser. Elle part de ses reins vers ses épaules, les ongles s’enfonçant dans la chair, trop légèrement pour laisser des traces et il le regrette un peu. Il chuchote dans son cou mais les phrases bien maîtrisées dont il a l’habitude lui font défaut et tout ce qui sort c’est oh et hum et Sara. Il pense toutefois que cela traduit l’essentiel de sa pensée.

Il sent la chaise rouler un peu vers l’arrière et buter contre le mur, et un sourire bref lui échappe parce que la métaphore est impeccable – dos au mur, plus moyen de reculer. Il ne pense pas que Sara s’en rende compte, ou si elle s’en rend compte elle n’y prête aucun intérêt, et il capture sa main libre, la presse dans la sienne, mélange leurs doigts. Elle serre en retour, avec une force étonnante, et mord dans son oreille. Pas dans la chair mais dans le cartilage, et il sursaute et songe que la réalité est vraiment quelque chose d’étrange, voire de surévalué. La réalité – sa réalité actuelle en tout cas – est un endroit où un éclair de douleur déclenche une vague de félicité. Il ferme les yeux et il est à peu près sûr, cette fois, qu’il n’est pas silencieux.

Il ne la libère pas tout à fait, même quand, le visage encore dans son cou, il devine qu’elle se retourne pour regarder en direction de la porte en un réflexe un peu tardif d’inquiétude. Il lui tient la main et l’aide à se redresser, puis du bout des doigts il lui remet en place quelques mèches de cheveux, arrange son corsage, rabat sa jupe sur ses genoux. Sa blouse est froissée et tire-bouchonnée, mais il n’y touche pas. Il n’a jamais eu le fantasme de la blouse blanche, mais il pense qu’il ne pourra plus jamais en regarder une de la même façon.

Ses gestes sont hésitants et il est conscient qu’il cherche avant tout à prolonger le contact. Il se dit qu’il devrait au moins éprouver un vague sentiment de culpabilité, mais en la regardant, il comprend qu’aucun d’eux n’en est là, bien au contraire, et il lui sourit.

Il trébuche quand il se relève à son tour et il jurerait presque qu’elle est satisfaite de cette maladresse.

-=-


Elle s’assoit avec hésitation derrière son bureau et se demande si elle ne devrait pas faire acheter une nouvelle chaise. La peau dans son cou chauffe là où le menton de Michael a frotté avec insistance, mais elle n’a pas réellement envie de faire quelque chose pour apaiser l’irritation.

Elle cherche en elle un sentiment de regret ou au moins de remords. Elle cherche vraiment.

-FIN-


18-19 septembre 2006 (oui, ça date un peu *grin*)

Je n'avais pas l'intention de poster ça avant le début de la semaine prochaine. Puis j’ai vu le nombre de fanfics attendant d’être publiées et... faut que je continue de déblayer :-/
 
 
Current Mood: lethargiclethargic
 
 
 
Alo'alohomoraa on March 3rd, 2007 06:28 pm (UTC)
j'ai lu les deux fics en même temps. Pour chaque paragraphe, le PDV de Sara puis celui de Michael. J'ai vraiment beaucoup aimé. Non, franchement, moi je ne vois pas ce qu'il y a de mal avec le shipperisme aigu ;)

c'est un réel plaisir de découvrir tes fics les unes après les autres. je trouve que tu arrives parfaitement bien à caractériser les personnages. Même Michael. Ce qu n'est pas forcément aisé. J'aime vraiment beaucoup ton Michael (et son Duckie).
Clair de Lune: meme combatclair_de_lune on March 3rd, 2007 10:07 pm (UTC)
Il n'y a rien de mal avec le shippérisme aigu, au contraire, c'est une merveilleuse invention *grin* C'est avec l'excès de shippérisme rose bonbon que j'ai un problème :-p (il y a un paragraphe dans Valentineries que je n'aime pas du tout pour cette raison, trop sucré dans une fic déjà très sucrée, mais que j'ai laissé parce qu'il fallait que je case le mot "horizon" *grin*)

j'ai lu les deux fics en même temps.
Ah je n'aurais pas pensé à suggérer ça, mais c'est une bonne idée, vu que le truc était de construire les deux points de vue de la même façon.

et son Duckie
lol, Duckie... Je crois qu'en fin de compte, "Duckie" était ma première crackfic - et non "La Manoeuvre Tancredi" ^^

Merci beaucoup pour ton message :-)
Alo'alohomoraa on March 3rd, 2007 11:23 pm (UTC)
Certes, "Valentineries" est sucré (lol) mais je n'ai pas trouvé que c'était si sucré que ça. vraiment. parfaitement digeste. peut-être que tu n'as pas l'habitude d'écrire aussi rose bonbon, mais à la lecture ça passe plutôt bien, surtout quand on sait que c'est une fic de St Valentin.
Ou alors j'ai une tolérance au glucose plus grande que je ne le pensais :)


Ah je n'aurais pas pensé à suggérer ça, mais c'est une bonne idée, vu que le truc était de construire les deux points de vue de la même façon.
et puis il y avait quelque chose de ludique à comparer leurs deux PDV sur une même situation :)


à mon sens, c'est plus qu'une crack!fic, car elle a quelque chose de vraisemblable. J'imagine très bien Michael chercher désespérément Duckie au milieu des bulles et décider que, non, plus jamais il ne reprendra de bain moussant XD
Clair de Lune: origami - canardclair_de_lune on March 4th, 2007 01:23 pm (UTC)
Disons que j'ai écrit à la suite plusieurs fanfictions shippers, plus ou moins légères d'ailleurs (pour ne pas les citer : "Akito", "Vrillé", "Brouillons de valentins", "Valentineries", ainsi que "Pénéolope" et le complément de "Vous revoir" qui ne sont pas encore en ligne) et je crois que je fais une petite over dose de shippérisme. Si si, ça peut arriver. Mais si ça reste digeste, tant mieux ;-)
Alo'alohomoraa on March 5th, 2007 01:46 pm (UTC)
j'ai lu hier soir "vous revoir"... Eh bien j'espère que le complément est vraiment guimauve, parce que là va m'en falloir une sacrée portion !! Elle est d'un déprimant cette fic ! J'aurais aimé être avertie que c'était une de "celle-là". Une de celle que j'évite soigneusement, habituellement. C'est à dire une de ces fics où Michael se conduit en bon sang d'empathe et décide de se rendre à la justice quand finalement, enfin, tout c'était arrangé. *fout une torgnole à Mike* J'espère que dans la série, ils nous préparent pas un coup pareil. C'est très Michaelien, mais mon petit coeur sensible de fangirl n'y résisterait pas.
Pour en revenir à "vous revoir", je tiens à dire que malgré le sujet, je n'ai pas pu la lâcher, tant l'écriture était bonne et l'ambiance tendue bien rendue. et puis, encore une fois, les personnages sont tellement "in character" que ça rend leur situation encore plus douloureuse.
Tout ça pour dire, qu'hier soir, je me suis couchée complètement déprimée avec une boule dans la gorge alors je plébiscite le glucose.
Clair de Lune: pb - veronicaclair_de_lune on March 5th, 2007 05:24 pm (UTC)
Oh ma pauvre ! Désolée (mais je n'allais pas spoiler ma propre fic :-p) Pour ma part, je ne la trouve pas spécialement triste : en demi-teinte, pas follement gaie, mais pas si triste que ça, et du coup, je n'ose pas te confirmer que le complément de est effectivement plus léger et joyeux. Enfin, quand même, en toute objectivité, il est plus léger et joyeux.
Et j'aime beaucoup le "une de celles-là", il me donne l'impression d'avoir commis un méfait des plus répréhensibles ^^
Si tu apprécies The West Wing, je me permets de te suggérer de lire Akito pour te remettre. C'est tout ce qu'il y a de plus fluffy ;-)

J'espère que dans la série, ils nous préparent pas un coup pareil.
Si ça se limite à ça, je pourrai vivre avec. Mais s'ils tuent un des personnages (je veux dire par là, du trio Michael-Lincoln-Sara, voire Sucre : oui, j'aime bien Sucre)... s'ils tuent un des personnges... *pleure déjà*
Alo'alohomoraa on March 5th, 2007 06:42 pm (UTC)
ça va te paraître très stupide de la part de quelqu'un qui regarde avec assiduité Prison Break, mais j'ai une trouille monstre des prisons. C'est physique, je ne supporte pas. J'ai été incapable de regarder plus de deux épisodes de Oz. PB, ça va (à peu près... fallait quand même me voir planquer derrière mon oreiller, ne regarder que d'un oeil l'écran) parce que tout l'enjeu, c'est de sortir de la prison ! *encourage Michael à fond les boulons*
Alors imaginer que Michael a passé 10 ans dans une prison, sans Plan, sans personne, ça me glace les sangs (oui, pour Michael, j'ai plusieurs sangs). Et pour cette raison, j'ai pris la décision salutaire d'éviter de poser un oeil sur ces fics-.
Ajouter à cela que ta fic effleure d'autres petits points sensibles chez moi, j'étais vraiment pas très fière arrivée au terme des quatre chapitres.

Je dois, malheureusement, avouer une faute de goût : je ne regarde pas The West Wing. Un jour, peut-être, quand ce sera les grandes vacances, je rectifierai le tir (mais il y a tellement de bonnes séries, que c'est dur de rester à jour)

Cela va sans dire. cette série aura ma peau : elle m'use trop les nerfs. en même temps, à ma connaissance, c'est la seule pour laquelle on a de vraies raisons de s'inquiéter pour les personnages. Jamais vu des auteurs dégommer avec autant de sang froid leurs personnages 0_0;; je m'inquiète d'ailleurs beaucoup pour Sara ces derniers temps...

à te laisser des commentaires à longueur de temps, je me fais un peu l'impression d'être une stalkeuse. navrée v_v. Je crois que tu subis le contre-coup d'être la première fikeuse francophone dont je lis les textes depuis... whaou ! longtemps. Habituellement, je ne lis que des fics anglaises et comme je ne suis pas très douée pour écrire en anglais, je ne laisse jamais de reviews. Alors pour une fois que je n'ai pas la barrière de la langue, j'abuse peut-être un peu du bouton "envoyer un commentaire". Navrée. Vraiment. #^_^#
Clair de Lune: meme combatclair_de_lune on March 6th, 2007 06:28 pm (UTC)
Hum, je ne vais pas du tout avoir d'angoisses au moment de "te" poster Minuit six dans une prison... ^^ Parce qu'autant il y avait des passages plus légers dans Vous revoir, autant là je suis retournée à mes premières amours et c'est, euh, pas joyeux. Et sinon, je cherche, mais sur ce point-là, tu devrais être à l'abri pour les autres histoires : c'est pour l'instant la seule fois où j'ai renvoyé durablement Michael en prison.

J'ai été incapable de regarder plus de deux épisodes de Oz.
Je n'ai pas suivi aussi assidûment que d'autres séries mais j'en ai vu quelques d'épisodes : à la base, c'est beaucoup plus dur que PB et et la sensation d'enfermement y est bien plus importante. Je ne suis même pas sûre que l'on en sorte pour certains passages, histoire de s'aérer, comme c'était le cas dans PB (Veronica avait quand même du bon pour les clautrophobes ^^) Bref, même sans phobie de la prison, il faut parfois se motiver pour regarder.
Et tant qu'il est question d'autres séries, je ne ferai pas de pub pour The West Wing, mais c'est (c'était puisque c'est terminé) quand même très bien, hein :-p

j'abuse peut-être un peu du bouton "envoyer un commentaire". Navrée.
Mouarf, un auteur de fanfics qui se plaindrait de recevoir trop de commentaires ? Un peu de sérieux ;-)
Alo'alohomoraa on March 6th, 2007 09:14 pm (UTC)
au moins, je suis prévenue. je ne te promets pas de la lire dès que tu la publieras, faudra que je choisisse le bon moment pour m'y plonger.

Oz c'est vraiment hard comme série. psychologiquement, physiquement, émotionnellement. alors ajouté à ça le cadre de la prison. Non, non, deux épisodes c'est tout ce que j'ai pu faire... je suis une vraie fillette des nerfs. >_<

Je sais pas, ça existe, t'aurais pu en être. :)