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26 February 2007 @ 05:27 pm
Prison Break - Vous revoir (4/4)  
Titre : Vous revoir (4/4)
Auteur : clair_de_lune
Spoilers : --- Post-série
Public : Tout public
Disclaimer : Pas à moi. Je les emprunte pour quelques lignes et les rends juste après.
Notes : Cette fanfiction est supposée faire partie d'un "ensemble" de fics et se dérouler après Luxe(s), Un truc que je ne vous ai pas dit et Télécommandé.

Parties précédentes / Parties suivantes


« Si quelqu’un utilise encore l’expression "plus beau jour de votre vie" en ma présence, je crois que je vais remonter dans la chambre et me pendre avec ma jarretelle. »

Elizabeth tient une flûte de champagne dans une main et un cocktail de jus de fruits dans l’autre. Elle tend à Sara le jus de fruits, bien sûr, et se laisse tomber sur la chaise près d’elle en soupirant lourdement. Sa volumineuse jupe gonfle et déborde, et elle disparaît presque entièrement dans la soie et la dentelle ivoire. Ca semble lui convenir.

« Tu portes une jarretelle ? demande Sara.

- Là n’est pas la question. J’ai vingt-six ans : si le plus beau jour de ma vie est déjà derrière moi, il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark. »

Sara, qui comprend le sentiment, lui tapote l’épaule d’une main apaisante.

Elles sont dans la roseraie. Ils sont dans la roseraie, plus précisément : Elizabeth et elle assises à l’écart, LJ, Lincoln et Michael devant les rosiers, derrière l’objectif du photographe. Elizabeth ne semble pas avoir de problème avec l’idée de ne pas figurer sur tout un lot de photos de son mariage. Le fait qu’à quelques mètres de là LJ rayonne positivement entre son père et son oncle, eux-mêmes arborant un air coincé-dépité-emprunté, n’y est sans doute pas étranger. Photos de famille, a déclaré le photographe un peu plus tôt, c’est-à-dire les parents d’Elizabeth et sa soeur Patty, Lincoln et Michael, et Sara que Lincoln a attrapée par le bras et propulsée devant l’objectif avec eux.

Puis LJ a décrété qu’il voulait des clichés avec son père et son oncle : il a l’air de penser que les obliger à se tenir à moins d’un mètre l’un de l’autre entraînera forcément un dialogue d’une sorte ou d’une autre. Sara regarde la ligne tendue des épaules de Lincoln, et espère que le dialogue, si dialogue il y a, ne tournera pas trop mal.

« C’est moi ou c’est sirupeux ? » Elizabeth désigne la scène qui se déroule à quelques mètres de là. « C’est mon mariage, je suis une femme, je suis sensée faire preuve d’un minium de sentimentalisme, aujourd’hui, non ? et je trouve ça sirupeux.

- C’est sirupeux, » confirme Sara. Ceci étant dit, qui est-elle pour juger ? Le cynisme affiché de sa jeunesse s’est patiné : elle en use à présent avec plus de retenue et de discernement mais aussi d’intransigeance. Comme en ce moment. Considérant la situation, elle s’oblige à faire un effort pour se montrer optimiste : « Mais ça peut marcher. »

Si Lincoln arrête de se comporter comme un imbécile entêté et accepte d’y mettre un peu du sien. Elle le fixe jusqu’à ce qu’il sente son regard sur lui, comme si elle pouvait le forcer à distance, et il fait mine de n’avoir rien remarqué. Pas gagné.

Elle tient entre les mains un PDA que lui a remis le photographe, avec les différents clichés pris depuis le début de la journée. Sans rien demander, Elizabeth s’en empare – son mariage, ses photos, après tout – et commence à passer les photos en revue. Certaines des photos. Elle sourit d’un air réjoui, ou sarcastique peut-être, Sara n’est pas très sûre de faire la différence ni que la différence existe, d’ailleurs.

« Qu’est-ce qu’il y a ? lui demande-t-elle.

- Rien. Je suis presque sûre que je peux convaincre le reste de l’équipe que ces clichés sont une bonne chose pour la campagne. Tu sais, sur le thème "Le sénateur Tancredi poursuit son action en faveur de la réhabilitation des anciens détenus." Bien sûr, tes adversaires utiliseront sans doute la même légende, et ne manqueront pas de souligner que l’ancien détenu en question est...

- ... le frère d’un vieil ami ? interrompt-elle.

- On peut dire ça comme ça. »

Pendant quelques instants, elles ne disent rien, se contentant de faire défiler les images sur le petit écran. Elizabeth s’arrête sur l’une d’elles et attend, et Sara explique avec toute la dignité dont elle est capable :

« C’est le cadeau de mariage pour LJ.

- Vraiment ? » Elle hausse les sourcils d’un air impressionné et penche un peu la tête de côté comme pour mieux voir. Pendant une seconde, elle joue avec l’idée de demander à Sara si son garde du corps n’est pas supposé intervenir, dans ce genre de situations, mais elle se décide finalement pour : « Si ça atterrit dans la presse nationale, est-ce que tu me permettras d’assister au briefing de l’équipe de com’ pour que je compte les crises de nerfs ? »

Sara regarde la photo.

« L’équipe de com’ peut se mettre les photos...

- Je me demande où tu as pris l’habitude d’un tel langage, l’interrompt Elizabeth, les yeux fixés sur son beau-père d’un air entendu. Tu crois vraiment que vous... » Elle se dit qu’une approche moins directe est moins susceptible de lui valoir une réplique foudroyante et elle corrige : « ... que des gens peuvent ne pas se voir pendant des années et reprendre là où ils en étaient ? »

Sara ne répond pas tout de suite, elle continue de regarder les photos défiler sur le PDA. Devant les roses, le photographe continue son travail, et Michael et Lincoln se prêtent à la séance de relativement bonne grâce.

« Reprendre, oui. Là où on en était il y a des années, non. Considérant les circonstances dans lesquelles s’est achevée notre dernière entrevue, je crois qu’aucun de nous n’en a envie. » Elle revient en arrière, à la photo sur laquelle Elizabeth s’était arrêtée, et elle esquisse un petit sourire suffisant. « Oh, et Michael et moi n’en avions jamais été . »

-=-


Il n’a jamais aimé les photos. Il n’aimait déjà pas ça gamin, l’idée d’un oeil fixé sur lui, d’une image figée pour des années et de l’attention qu’on lui accordait. Il a encore moins aimé ça lors de son procès (son deuxième procès, car si le premier n’avait pas attiré l’attention, il n’en a pas été de même avec le second).

En comparaison, les premiers tours de piste avec Sara un peu plus tôt dans la journée lui sembleraient presque confortables.

Il ne se sent pas à l’aise. Les photos, et Linc qui se tient tout près de lui et ne le regarde jamais en face. Jamais quand lui le regarde, en tout cas, parce qu’il sent par moment les yeux de son frère sur lui. C’est stupide. C’est stupide, mais il devine qu’il va devoir faire le premier pas parce que si quelque chose n’a pas changé en dix ans, c’est l’entêtement de Linc lorsqu’il a décidé de quelque chose. Il se demande si on peut qualifier cela d’entêtement, d’ailleurs, cela impliquerait une réflexion et une volonté consciente, alors que Linc se contente de s’en tenir à ce qu’il a décidé. C’est ce qui faisait, et fait sans doute toujours, sa force. C’est ce qui rendait, et rend toujours, Michael dingue.

Il se demande qui il croit tromper, avec ce genre de réflexions. Comme s’il était moins têtu – et à ce stade-là, on devrait dire "buté". Ca doit être génétique, d’ailleurs, parce qu’en matière d’obstination, LJ se pose là aussi.

Et en parlant de LJ... est-ce que son neveu espère réellement accomplir quelque chose en les coinçant tous les trois devant l’objectif d’un photographe, est-ce qu’il ne croit pas un peu trop naïvement au pouvoir magique des jolies images ?

Parce que, doit-il avouer, l’image est jolie. La douceur tiède du printemps, la pelouse vert tendre, le ciel bleu commençant à revêtir les teintes pourpres et or de la fin de journée, les roses multicolores, les bruits de la fête un peu étouffés par la distance. A la périphérie de son champ de vision, Elizabeth, absolument adorable, et Sara tout aussi ravissante (et s’il était un tout petit moins bien élevé il penserait encore plus ravissante mais selon les conventions, la mariée est supposée être la reine du jour, n’est-ce pas ?). Près de lui, LJ qui a posé un bras en travers de ses épaules, et à portée de main, Lincoln (il supprime le "foutu" qu’il a envie d’accoler à "Lincoln" parce que vraiment, ça ne cadre pas avec la charmante image que LJ s’est efforcé de construire). Il doit reconnaître que quelque chose tout au fond de lui a envie d’apporter la dernière touche au tableau idyllique. Il doit reconnaître qu’affirmer être fâché avec son frère est plus facile quand celui-ci ne se tient pas à moins d’un mètre de lui et qu’il ne sent pas la chaleur de son bras juste au-dessus du sien. Et il ne dit pas ça parce qu’il commence à se sentir ridicule devant le mitraillage que leur impose le photographe sur ordre de LJ, ni parce que Sara et Elizabeth les considèrent d’un air vaguement sarcastique.

Il bouge très légèrement son bras dans le dos de LJ et le haut de sa manche de costume touche le bas de la manche de costume de Lincoln. Son frère se redresse, s’éclaircit la gorge, ouvre la bouche et la referme sans rien dire. Oui, logique. L’éloquence n’a jamais été la qualité première de Linc.

Il devine que LJ donne un coup de coude à son père, comme un rappel à l’ordre, et Linc recommence la manoeuvre – dos un peu plus droit, raclement de gorge, inspiration avant de parler. Il pose la main sur la nuque de LJ pour l’obliger à baisser la tête et il se penche en arrière.

« Alors, euh... tu as fait danser Sara, Michael ? »

L’éloquence n’est vraiment pas la qualité première de Linc : on aurait pu penser qu’après dix ans de silence, il trouverait quelque chose de plus significatif à lui dire.

Et la mansuétude n’est peut-être pas sa qualité première à lui : on aurait pu penser qu’après dix ans de silence, il ferait preuve d’un peu plus d’indulgence. Il se penche également en arrière et croise le regard de son frère par-dessus le crâne de LJ.

« Je crois que c’est plutôt elle qui m’a fait danser, avoue-t-il.

- C’est Sara. »

Linc lui sourit. Un peu hésitant, puis complice.

Michael sourit en retour.

LJ, béni soit-il, annonce à la cantonade qu’ils ont sans doute assez de photos, maintenant.

-=-


Un peu plus tard, ils sont assis au bar, des flûtes de champagne devant eux, et il parlent de tout et de n’importe quoi – uniquement des choses sans importance ; LJ et Elizabeth sont accaparés par les invités ; sur la piste de danse, Sara twiste avec le père de la mariée, ses cheveux défaits emmêlés sur ses épaules. On pourrait penser que le Dir Com trouverait quelque chose à redire à ce déploiement excessif de spontanéité mais en réalité, il garde les yeux fixés sur Michael, et Michael se dit qu’il ne lui a sans doute pas pardonné la valse du début d’après-midi, ni ce qui a suivi la valse, ni le fait que le photographe ait cru nécessaire d’immortaliser le tout. Le Dir Com devrait incontestablement mieux planifier les choses s’il ne veut pas qu’elles lui échappent tout à fait.

Il y a un creux dans la conversation et Linc la relance en lui demandant ce qu’il compte faire samedi prochain.

« C’est une invitation à quelque chose ? »

Son frère hausse les sourcils d’un air entendu.

« Base-ball. Sara a les meilleures places de l’état et elle s’en fiche complètement. »

Linc considère que c’est vraiment, vraiment, le point faible dans leur amitié, le fait que Sara ne soit pas capable d’apprécier un bon match de base-ball, qu’elle se moque des règles ou du classement des équipes. S’il insiste, elle peut le cas échéant commenter le physique des joueurs mais en toute honnêteté, ce n’est pas un aspect sur lequel il s’attarde.

« C’est presque anti-patriotique, » reconnaît Michael. Une gorgée de champagne pour se donner du courage. Il se donne du courage depuis plusieurs flûtes et il commence à en sentir les effets. Il décide donc d’agir avant d’oublier pourquoi il... « Linc, on ne va pas parler de...

- Parler de quoi ? l’interrompt-il calmement. Tu n’as pas changé d’avis sur ce que tu aurais dû faire, n’est-ce pas ? Et je n’ai pas changé d’avis sur ce que tu aurais dû faire. La dernière fois qu’on en a parlé, on a arrêté de se parler. »

Il y a une logique dans le raisonnement de Lincoln, c’est juste qu’il n’arrive pas à décider si elle est complètement tordue ou pleine de bon sens. Il n’arrive pas à décider si c’est d’une couardise sans nom ou si ça relève de la plus élémentaire sagesse.

Puis il se rend compte que c’est impeccable, c’est précisément ça, c’est précisément ainsi que les choses sont supposées être. Il n’avait pas besoin de planifier ce qu’il allait dire à Lincoln, parce qu’il n’a pas besoin de dire quoi que ce soit à Lincoln. Dieu sait que s’il y avait jamais eu besoin d’explications entre Linc et lui, ils n’auraient jamais cessé de se taper dessus.

Sara continue de twister sur la piste, la perfection de sa robe et de sa coiffure n’étant plus qu’un vague souvenir. Le barman leur sert une quatrième – ou cinquième ? – flûte de champagne. Lincoln pousse le verre hors de portée de son frère « Tu as assez bu pour aujourd’hui. » et il lui sourit comme il souriait à Sara plus tôt dans la journée, exactement comme il lui souriait à lui des années plus tôt.

« Base-ball ? Samedi ? »

-FIN-


28 novembre-9 décembre 2006

Post scriptum : Terminé pour la partie "officielle" de Vous revoir... Son complément, Writer’s cut, devrait être posté dans quelques jours/semaines, une fois que je me serai décidée à arrêter de l’éditer pour changer deux mots par ci par là ou déplacer une virgule...
Merci d’avoir lu et, le cas échéant, commenté :-)

N.B. : Donc... je mets souvent à jour, en ce moment, parce que j'ai fait mes comptes : une vingtaine de fanfics en attente, dont une comportant huit ou neuf parties. A raison deux mises à jour par semaine, j'en aurais pour un certain temps. Mais le déstockage va finir par se ralentir ^^
 
 
Current Mood: lazylazy
 
 
 
Peter Pansunnydust on June 1st, 2009 06:01 pm (UTC)
:)

J'en veux pluuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuus !! :P lol