?

Log in

 
 
03 February 2007 @ 10:52 pm
Prison Break - Vous revoir (1/4)  
Titre : Vous revoir (1/4)
Auteur : clair_de_lune
Spoilers : --- Post-série
Public : Tout public
Disclaimer : Pas à moi. Je les emprunte pour quelques lignes et les rends juste après.
Notes : Cette fanfiction est supposée faire partie d'un "ensemble" de fics et se dérouler après Luxe(s), Un truc que je ne vous ai pas dit et Télécommandé.

Parties précédentes / Parties suivantes



Le vigile lui demande son invitation et une pièce d’identité.

Oh, c’est une jeune femme, jolie, vêtue d’un élégant smoking anthracite, avec une coiffure et un maquillage aussi étudiés l’un que l’autre, mais c’est un vigile pas une hôtesse, et elle n’hésitera pas un instant à le refouler s’il ne peut pas prouver qu’il est ce qu’il est censé être. Il suppose que c’est le prix à payer (il y a toujours un prix à payer) et il cherche dans la poche intérieure de sa veste. Avant qu’il ait eu le temps de mettre la main sur son portefeuille, toutefois, une voix se fait entendre derrière la jeune femme « Oncle Mike ! » et LJ surgit dans l’allée.

« Vous pouvez le laisser entrer, merci, » dit-il. Elle ne semble pas convaincue, son regard passant de l’un à l’autre. « Ne vous inquiétez pas, je sais qui j’ai invité, » plaisante LJ.

Sans rien dire, Michael sort son portefeuille et tend les documents requis à la jeune femme, qui les reçoit avec un sourire un peu soulagé. Elle compare les noms, vérifie la photo, coche sur sa liste.

« Merci, Monsieur. »

Au cours des deux dernières années, il a vu LJ environ une fois par mois. C’était parfois lui qui venait à Chicago, et c’était parfois LJ qui venait à Seattle. Michael aime bien Seattle : c’est loin de l’Illinois et il y fait suffisamment gris et froid pour que personne ne s’étonne de le voir porter des manches longues la plus grande partie de l’année. Sans y songer, il ajuste sa montre et tire un peu les manches amidonnées de sa chemise sur ses poignets. Il suppose qu’il aurait pu essayer de faire enlever le tatouage. Pas de façon intégrale, bien sûr, mais au moins les parties les plus exposées. D’une façon ou d’une autre, il n’a jamais pu s’y résoudre. Les symboles qui lui recouvrent une partie du corps peuvent s’avérer encombrants – faute d’un meilleur terme – mais ils constituent aussi un constant rappel d’une partie de son existence qu’il n’a pas la moindre envie de renier.

LJ l’entraîne sur l’allée gravillonnée, en direction de la maison.

Evidemment, au cours des années précédentes, qu’il a passées en prison à Tulsa, c’était toujours LJ qui venait le voir. Deux fois par mois, pas plus de quatre rendez-vous manqués en neuf ans et seulement parce qu’il n’avait pas eu le choix. Là, le tatouage ne posait pas de problèmes. Pas le même genre de problèmes, en tout cas.

Il a vu LJ des tas de fois depuis que Linc a été blanchi et LJ, innocenté, depuis que Sara a survécu à ses poursuivants, depuis que lui-même s’est rendu aux autorités pour purger sa peine (et un supplément). Il l’a vu dans des salles de tribunal, dans des parloirs de prisons, dans des cafés tranquilles, dans son salon chez lui, dans le living room chez LJ et Elizabeth. Il l’a vu déprimé, heureux, soulagé, nerveux, furieux, surexcité. C’est la première fois qu’il le voit dans le jardin luxueux de la résidence de Sara Tancredi, à mi-chemin entre la crise de joie et la crise de nerfs.

« Comment va Elizabeth ? lui demande-t-il.

- Comme moi, sourit-il. Comme quelqu’un qui est sur le point de se marier. Tout à l’heure, elle était prête à arracher les yeux à la première personne lui adressant la parole. Depuis, je ne suis plus autorisé à entrer dans la chambre, il faudra poser la question à Sara. » Pas de réaction, bien sûr, il n’en attendait pas réellement une mais... si, il en espérait une. « Ou à Patty, ajoute-t-il en étouffant un petit soupir. Je suis content que tu sois venu, oncle Mike. »

Ils débouchent devant la maison (quand une construction comprend vingt pièces, deux étages et des colonnes en marbre, LJ n’est pas tout à fait sûr que le qualificatif de "maison" s’applique encore, mais c’est ainsi que Sara désigne les lieux). Les jardins sont impeccables, la pelouse verte luit sous le soleil printanier comme si elle avait été lustrée ; des sièges et une tonnelle recouverte de fleurs blanches et jaunes sont installés sur le côté ; et plus d’une centaine de personnes est en train de rire et discuter avec animation.

Michael s’entend presque déglutir.

« Je suis content d’être venu, LJ. »

Et ce n’est même pas un mensonge.

Il le repère rapidement au milieu des invités. Il les repère rapidement, ce n’est pas comme s’ils pouvaient passer inaperçus : Lincoln dépasse la plupart des convives d’une demi-tête et, lorsque Sara descend les marches pour venir à sa rencontre, elle est suivie par un type en costume noir et oreillette. Il pense que même s’ils avaient été plus discrets, anonymes dans la foule, il les aurait repérés en un clin d’oeil parce qu’il ne voit qu’eux. Les conversations semblent avoir baissé de plusieurs tons et le reste des personnes présentes constitue soudain une masse un peu terne. A peine une nuisance. Fascinant comme quelqu’un comme lui, si souvent assailli par les détails, parvient en cet instant précis à les ignorer.

Immobile près de LJ, il regarde son frère et sa... Il réalise qu’il ne sait pas comment définir Sara, il ne sait pas ce que Sara est ou a été pour lui. Il regarde son frère et Sara, donc, s’embrasser comme de vieux copains, la main légèrement posée sur le bras l’autre, heureux de se voir, et parfaitement à l’aise l’un avec l’autre. Sara se penche en avant pour lui dire quelque chose sans que le garde puisse entendre, quelque chose qui suscite un éclat de rire chez Linc, et il comprend en un éclair que son frère et Sara sont de vieux copains. Ils se côtoient depuis plus de dix ans. Sara connaît sans doute mieux Linc qu’elle ne le connaît à lui et quelque chose lui dit que s’il lui en faisait la remarque, il s’entendrait répondre qu’elle ne le connaît pas. En y réfléchissant, peut-être que lui-même ne la connaît pas et ne connaît plus Linc. Dix ans.

« Oncle Mike ? Tu veux boire quelque chose ? »

Il entend la question mais ne la comprend pas tout à fait, il continue de les regarder et éprouve une drôle de sensation au creux de son estomac. La jalousie, songe-t-il, n’est pas un sentiment noble ou agréable mais tout de même, il aimerait savoir de qui il est jaloux au juste, de Lincoln ou de Sara. Dix ans. Sans doute des deux, s’il veut être honnête.

LJ lui tend d’office un jus de fruit ; il sent la fraîcheur de la boisson au creux de sa main, la condensation recouvrant le verre couler sur sa paume et ses doigts.

Il sait que dans l’ensemble les choses vont bien pour eux, parce que LJ le lui a dit, et de toute évidence, les choses vont même très bien pour Sara. Ce n’est que justice, ils l’ont mérité. Il voudrait juste qu’ils lui parlent et lui sourient comme ils sont en train de se parler et de se sourire. Non qu’il y ait vraiment quelqu’un d’autre à blâmer que lui-même pour la situation actuelle, ceci étant dit. Il avale une gorgée de jus de fruit. L’auto-apitoiement n’est pas non plus, reconnaît-il, un sentiment noble ou agréable.

Il les regarde monter les marches, la main de Linc familièrement posée sur le coude de Sara, et disparaître dans la maison. Il sent les yeux de LJ sur lui et il se tourne vers son neveu. Il imaginait voir de la compréhension, peut-être même une pointe de pitié sur son visage, mais il n’y a que du défi. Ah. Il suppose qu’il a épuisé son capital sympathie.

Lorsqu’il lance de nouveau un coup d’oeil vers la maison, c’est pour voir le gorille de Sara refermer soigneusement la porte.

« Oncle Mike ? Tu sais ce que je voudrais comme cadeau de mariage, hein ? »

Il s’oblige à revenir à la discussion.

« J’espère que c’est une soupière en argent parce que j’ai trouvé exactement ce qu’Elizabeth cherchait. »

LJ ne cille pas et, bien que cela lui demande un petit effort, ne sourit pas non plus.

« On habite ensemble depuis un an et demi et on n’a jamais eu besoin de la moindre soupière. Encore moins en argent. Tu sais ce que je voudrais comme cadeau de mariage, » répète-t-il, cette fois affirmatif, et il lève vers lui ce regard, exactement ce regard, que Lincoln utilisait parfois sur lui dans une autre vie. Et des années après, ça fonctionne toujours aussi bien.

« Tu sais ce qu’est le chantage émotionnel, n’est-ce pas, LJ ?

- Ouais, répond-il tranquillement, et ça ne m’a jamais fait peur. »

-=-

22-25 octobre 2006
 
 
 
Peter Pansunnydust on June 1st, 2009 05:28 pm (UTC)
EEEEEEeeeeeeeeeeeeeee ! lol
Juste histoire de te laisser savoir que c'est aussi bien en français qu'en anglais ! *winks*