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05 January 2007 @ 02:54 pm
Prison Break - Navigation céleste 2/3  
Titre : Navigation céleste : 2. Sara
Auteur : clair_de_lune
Spoilers : Saison 2, épisode 13
Public : Tout public
Challenge : n°0 pour french_fanfics
Fandom : Prison Break
Table : 1
Prompt : 037 Etoiles
Notes : Pas de timeline définie, mais au moins post épisode 2.13 The Killing Box.

Parties précédentes / Parties suivantes


2. Sara

Elle attend sous la lumière de la lune.

Elle est là parce qu’elle a vu, à la télé, Michael et Lincoln être arrêtés et elle a eu la sensation, pendant quelques heures, que le sol s’était ouvert juste devant elle et s’apprêtait à l’engloutir. Un sentiment de "tout ça pour ça" a flotté dans son esprit. Puis, de la même façon, elle a entendu parler de leur – seconde – évasion. A laissé un message sur ce forum de discussion (et ce pseudo n’est pas ce qu’elle aurait choisi d’elle-même) et reçu une réponse et... elle attend sous la lumière de la lune.

Sara a appris pas mal de chose sur elle-même au cours des derniers jours. Elle a appris qu’elle avait une capacité pulmonaire bien supérieure à ce qu’elle imaginait. Une faculté étonnante de rebond. Une aptitude à supporter la douleur plus élevée que tout ce qu’elle aurait pu concevoir. Les compétences (non qu’elle s’en vante, mais elle ne le regrette pas non plus car quand nécessité fait loi...) pour voler une voiture. Assez d’instinct de survie et de force pour laisser en piteux état un type l’ayant torturée et ayant essayé de la tuer (et du coup, elle a compris que ses débordements avec la morphine ne devraient, ne pourraient, jamais se reproduire : elle ne survivra pas à ça pour finir shootée à mort).

Elle a appris qu’elle avait des réflexes plus développés qu’elle l’aurait cru. Et quand une main se pose sur son épaule sans qu’elle ait entendu quiconque approcher, elle pivote vivement sur elle-même et frappe, tête la première, le front dans le visage de son assaillant, et elle apprend... ça lui confirme qu’elle a la tête dure.

Elle reçoit en retour un coup de coude sous l’oeil, un coup de pied derrière les chevilles qui lui fauche les jambes et elle part en arrière et si elle reste debout, c’est seulement parce qu’elle rebondit contre sa voiture – enfin "sa" voiture, c’est une façon de parler.

Il y a une jeune femme blonde en face d’elle, qui la plaque contre la portière presque gentiment, et Sara apprend qu’une femme à peine plus grande qu’elle peut la maîtriser aussi aisément que l’a fait Lance/Kellerman/Quelquesoitsonfoutunom. Derrière la femme blonde, un ado de quinze ou seize ans considère la scène avec un air effaré et, de façon paradoxale, cela rassure Sara.

« Docteur Tancredi ? »

La question la prend au dépourvu. Le docteur Tancredi a jeté les dernières preuves de son identité dans une poubelle quelques jours plus tôt, à des centaines de kilomètres de là. Elle ne pensait pas qu’on pourrait l’appeler de nouveau ainsi.

« Sara, corrige-t-elle sans y songer.

- Jane. » Jane, donc, la lâche puis elle porte une main à sa bouche et essuie avec une mimique légèrement dépitée le sang qui perle de sa lèvre inférieure fendue.

« Désolée, fait Sara, je ne vous ai pas entendu arriver. » D’une façon ou d’une autre, elle subodore que c’est entièrement volontaire.

« Je ne voulais pas vous surprendre, mais je devais m’assurer que vous étiez seule, répond Jane, puis elle désigne son compagnon : LJ Burrows. » Ce que Sara avait déjà deviné. Jane regarde autour d’elle, s’essuie de nouveau la lèvre (et Sara se sent presque coupable) et fronce légèrement les sourcils. « Ils ne sont pas encore là ?

- Non.

- Ils sont en retard, ils n’arrivent pourtant pas de Neptune. » Ceci dit sur la ton de la simple constatation, avec juste une pointe de quelque chose entre inquiétude et mécontentement. « LJ, reste avec Sara, je vais récupérer la voiture. »

Jane s’éloigne en courant à petites foulées et LJ s’appuie d’une épaule à la voiture, juste à coté d’elle. Elle le regarde tandis qu’il la détaille, se mordille les lèvres et tient environ trente secondes avant de lui demander :

« Alors c’est vous qui... pour mon père et mon oncle... » Il ne va pas au bout de sa phrase.

- Oui. »

Il continue de la détailler et en d’autres temps, d’autres lieux, d’autres circonstances, elle se serait sans doute sentie mal à l’aise, aurait essayé d’entretenir la conversation, lui aurait peut-être même demandé comment il se sentait. Elle se contente d’attendre. Ce n’est ni de l’indifférence ni du découragement de sa part, juste le sentiment que s’il a quelque chose à dire, il finira par trouver la façon de s’y prendre. Et effectivement au bout de quelques secondes, il hoche la tête.

« Merci. »

Elle a envie de répondre que pour le bien que ça lui a fait... mais elle a aussi appris au cours des derniers jours qu’elle pouvait sacrifier beaucoup plus qu’elle l’aurait pensé pour faire ce qu’elle estimait être juste. Et à présent, elle attend sous la lumière de la lune, et elle se demande où cela va la mener.

-*-


1er-2 décembre 2006